Publicité

Mardi 14 février 2006
Mai 2004

Le mythe de la mère parfaite
 
Nathalie Collard
La Presse (Source: www.cyberpresse.ca)

Les médias ont-ils contribué à créer le mythe de la mère parfaite? C'est ce qu'affirme The Mommy Myth, un livre qui déconstruit avec humour l'image de la super-maman proposée par les magazines et la télévision.

Ras-le-bol des Cindy Crawford, Madonna et autres mères célèbres et supposément parfaites! Le constat des deux auteures: le discours des médias est sans pitié pour les femmes.
Entrevue avec Susan J. Douglas, coauteure de cet essai à quatre mains.

«Ma vie n'était pas complète avant d'avoir un bébé», déclarait la top-modèle Cindy Crawford au lendemain de la naissance de son premier enfant.
«Il n'y a rien de plus enrichissant que d'être mère», chantent en choeur Madonna, Rosie O'Donnell et Nicole Kidman dans toutes les entrevues qu'elles accordent.

Depuis une vingtaine d'années, les médias martèlent le même message: une femme qui n'a pas connu les joies de la maternité est incomplète.

À coups de reportages sur celles qui réalisent trop tard qu'elles ont erré en n'ayant pas d'enfant, et d'entrevues avec des vedettes qui affirment avoir connu la félicité le jour où elles ont expulsé leur placenta, les médias, magazines féminins en tête, contribuent à créer un mythe complètement romantique: celui de la mère parfaite.

C'est du moins la thèse d'un nouveau livre The Mommy Myth: the Idealization of Motherhood and how it Has Undermined Women. Les deux auteures, Susan J. Douglas et Meredith W. Michaels, respectivement professeure de communications et de philosophie, lancent un cri d'alarme: «Il est temps que les mères remettent cette propagande en question.»

Le discours n'est pas nouveau: de Comment ne pas être une mère parfaite à I Don't Know how She Does it, d'autres auteures ont connu le succès en critiquant les exigences complètement folles imposées aux mères d'aujourd'hui.

Dans The Mommy Myth toutefois, la source du problème est clairement identifiée: c'est (encore et toujours) la faute des médias. Ajoutez à cela une droite américaine très forte qui encourage les femmes à rester à la maison ainsi qu'un désir des mères de bien faire, et vous avez devant vous l'émergence d'une nouvelle religion de la maman, que les deux auteures ont baptisé "The New Momism".

Cette nouvelle religion prêche toujours la même chose: la mère est la meilleure personne pour prendre soin des enfants, et pour être une bonne mère, elle doit consacrer tout son être (physique, psychologique, émotif et intellectuel) au bien-être de son enfant, 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

«En surface, cette nouvelle religion donne l'impression de célébrer la maternité, mais dans les faits, elle ramène la femme à l'âge de pierre en fixant des objectifs impossibles, note Susan Douglas, jointe par téléphone à son bureau de l'Université du Michigan. Le discours a l'air branché et progressiste parce qu'on dit aux femmes qu'elles sont autonomes et qu'elles maîtrisent la situation, alors que dans les faits, on exige encore plus d'elles que dans les années 50. On leur dit aussi que les femmes ayant visité le monde du travail (lire monde des hommes) se sont rendu compte que leur place était à la maison. Bref, on puise dans le féminisme, mais en même temps, on le répudie.»

Et la propagande, toujours selon les auteures, n'arrête pas au moment où la femme devient mère: elle se poursuit des années durant. On ne compte plus les articles et les livres consacrés à l'éducation de l'enfant (plus de 700 entre 1980 et 2000 aux États-Unis seulement): il doit être éveillé, stimulé, hydraté, massé, socialisé, nourri à la bouffe bio préparée par maman, vacciné, habillé à la dernière mode, etc. Pas de doute, le travail de mère est un travail à temps plein, heures supplémentaires assurées mais non payées. «C'est l'éthique de travail des yuppies des années 80 appliquée à l'éducation des enfants», lance Susan J. Douglas.

Ce discours est appuyé par un effort marketing sans précédent. «Il y a tellement d'argent à faire quand les mères se sentent coupables et inquiètes, observe l'auteure. Aujourd'hui, on offre à nos enfants des jouets et des meubles qui étaient autrefois réservés aux enfants du shah d'Iran. Et que dire de l'industrie du jeu éducatif? Aux États-Unis, il n'y a pas de service de garde ni de services à la petite enfance. En l'absence de ces institutions, les mères se sentent interpellées et responsables d'offrir le meilleur à leurs enfants, qui sont devenus, au fil des ans, de véritables créneaux marketing. Les enfants sont divisés en sous-groupes de plus en plus pointus - 0-3 mois, 3-6 mois... - et on multiplie les produits pour chaque catégorie.»

«Dans les années 70, c'était différent, affirme Douglas. Le travail des mères était décrit comme une tâche difficile. Les magazines nous disaient, entre autres, de laisser faire le travail domestique parce qu'on ne pouvait pas tout faire. On mettait l'accent sur l'entraide entre les mères. Aujourd'hui, l'image est carrément idéalisée.»

À l'origine de cette idéalisation, il y a les entrevues avec les mères vedettes (celebrity moms), un genre qui irrite les deux auteures au plus haut point: «C'est un genre privilégié dans les magazines féminins, explique Susan Douglas. Les femmes qui travaillent dans ces publications le reconnaissent, c'est une formule qui marche. Mais elles avouent aussi à quel point ces entrevues brossent un portrait irréaliste de la maternité.»

«C'est toujours la même chose, poursuit Douglas. Le portrait de la maternité parfaite, joyeuse, sans aucun stress. On ne vous dira jamais que Cindy Crawford a eu des problèmes d'allaitement ou que le petit de Madonna a des coliques qui la tient éveillée toute la nuit. De toute façon, ces gens-là ont des nannies, des entraîneurs personnels, des cuisiniers... Leur vie est tellement facile, elle n'a rien à voir avec la vie des femmes ordinaires.»

Les mères ne sont-elles pas assez lucides pour comprendre que le message véhiculé dans les médias est un leurre?

«Oui, les mères trouvent ce discours ridicule, mais en même temps, elles se laissent prendre, croit Douglas. Quand un discours est diffusé avec une telle ampleur, cela devient la norme et les femmes qui ne correspondent pas au modèle proposé ont l'impression qu'elles seront jugées, une impression renforcée par le fait que les femmes s'observent entre elles, se jugent et se condamnent trop souvent.»

Idéalistes, Susan Douglas et Meredith Michaels estiment qu'il est temps que les mères s'unissent pour riposter au discours ambiant en créant «l'équivalent des groupes de discussion des années 70 dans lesquels les femmes partageaient leur expérience, démolissaient les mythes qui les oppressaient et reprenaient le contrôle». «Notre livre, conclut Susan J. Douglas, est la première étape de cette reprise de contrôle.»



13 mai 2006

Pour en finir avec la mère parfaite

Silvia Galipeau
La Presse

Cela ne date pas d'hier. Depuis Freud, et jusqu'au doc Mailloux, en passant par une multitude de psys, d'ailleurs et d'ici, il y a toujours eu une foule d'experts pour reprocher quelque chose aux mères.
Si les enfants sont obèses, c'est la faute des mères: elles ne les incitent pas assez à bouger. Pire, elles font mal à manger. Si les garçon ne se sentent pas bien dans leur peau, c'est la faute des mères: elles les couvent trop. Si les jeunes filles sont trop sexy, c'est aussi leur faute: elles ne les couvent pas assez.

Les problèmes des filles, tout particulièrement, une fois devenues grandes (parfois mères à leur tour), remonteraient souvent à l'enfance. Si elles manquent de confiance en elles, si elles sont renfermées, si elles sont extraverties, c'est souvent, paraît-il, par imitation ou en réaction à la mère.

Pourquoi? «Parce que la mère, c'est vraiment notre base. On vient toujours du ventre de nos mères. Principalement, oui, le problème vient de la mère», répond Joël Bertomeu, qui signe En mal de mères, un documentaire diffusé cette semaine à Canal Vie. Ce documentaire donne la parole à sept femmes qui avouent avoir été mal aimées par des mères indifférentes, contrôlantes, étouffantes ou manipulatrices, bref «toxiques». «On parle de mères déséquilibrées qui ont magané leurs filles», précise le réalisateur (à qui l'on doit aussi Ni rose ni bleu).

Certes, le documentaire ne dépeint ici que des cas extrêmes, touchant «environ 15% des femmes». Et dans ces cas extrêmes, de mères violentes, méprisantes, abusives ou littéralement absentes, il ne fait nul doute que les conséquences sur l'avenir des enfants sont désastreuses.
Mais au-delà de ces situations critiques, reste que les mères ont le dos large. On attend beaucoup d'elles: il faut être présentes, mais pas trop, tolérantes, mais pas trop, patientes, mais pas trop.

«On leur demande tout, confirme Véronique Moraldi, qui vient de publier La fille de sa mère, aux Éditions de l'Homme. La mère, c'est la «matrie», le premier objet d'amour, l'amour idéal. Mais pourquoi est-ce que cet amour maternel serait plus parfait que les autres?», s'interroge-t-elle, jointe à son domicile à Toulouse.

Est-ce qu'une mère un peu moins présente, un peu plus colérique, ou un peu moins câline, bref, un peu moins parfaite qu'une autre, est du coup une mauvaise mère?

La bonne mère n'existe pas

Ici et là, des voix discordantes commencent à se faire entendre. Non, il n'est pas nécessaire de se sacrifier pour être une bonne mère. D'ailleurs, la bonne mère n'existe peut-être même pas. C'est un peu ce qui ressort du documentaire Le mythe de la bonne mère, diffusé le mois dernier à Zone Libre. La réalisatrice Micheline Lanctôt y avoue sa «légère déception» à la naissance de ses enfants, parce qu'ils n'étaient pas «comme dans les commerciaux». «Je suis tombée du nuage, solide», dit-elle à la caméra.
Elle y dénonce du même souffle la «sentimentalisation de la maternité» présentée comme un «beau bonbon» par la publicité, ainsi que la pression sociale d'une maternité dite «vitale», où «il faut être une mère à l'enfant sans quoi il est fucké à vie». «C'est une pression considérable qu'on internalise rapidement, nous, les mères».

Mais après cette pression monstre véhiculée par des décennies d'études psy, voilà que des experts viennent désormais nous dire qu'il n'est pas nécessaire d'être parfaite. Mieux, que cette perfection n'existe pas. «Ça ne se peut pas une mère qui élève des jeunes enfants et qui se couche le soir parfaitement en paix avec elle-même», dit aussi Hélène David, professeure de psychologie à l'Université de Montréal. Je ne crois pas à cette image de la mère en parfait contrôle. Ce n'est pas ça la vraie vie.»

Vive la folie

Selon elle, toute mère, dans la «vraie vie» finit par perdre patience, hausser le ton, parfois avec raison, parfois non. «Toute mère, dans la vie quotidienne, a des moments de «folie», estime celle qui signe aussi un texte intitulé La mère suffisamment folle, dans un recueil de psychanalyse publié dernièrement, La folie maternelle ordinaire, aux éditions Puf.

Par «folie maternelle», l'auteure entend la «douce et petite folie», et non pas les «grandes pathologies». Elle parle de la mère qui perd patience un soir devant fiston, parce qu'elle a eu une rude journée au boulot, ou encore de celle qui ne se reconnaît plus quand elle se met à crier pour défendre l'un ou l'autre de ses enfants.

«Ce sont les enfants qui viennent le plus nous chercher dans la vie, dit-elle. Il faut faire attention aux femmes qui ne vivent aucune folie. Peut-être que ce sont des mères trop rigides, incapables de se connecter à la grande passion que c'est que d'élever un enfant.»

Ces moments de «folie» pourraient aussi être bénéfiques pour nos enfants, poursuit-elle. «Il faut que nos enfants nous voient ainsi, avec nos défauts et nos qualités. Parce que si on devient un modèle trop parfait, cela peut créer un backlash chez l'enfant!»

Même son de cloche de la part de Véronique Moraldi. «La perfection, c'est impossible. Cela conduit à faire pire que mieux. Les enfants ont besoin de voir que leurs parents sont imparfaits. Cela leur permet d'être imparfaits aussi.»

Une mère trop parfaite risque d'avoir trop d'exigences, et finir par imposer un poids énorme à ses enfants. Elle risque aussi de s'oublier en tant que femme, conclut l'auteure française. «La femme n'est pas seulement une mère. C'est aussi une femme. Elle a une identité de femme. La maternité est une fonction. Si le femme met toute son énergie dans sa fonction, elle risque de ne pas vivre sa vie de femme

http://www.cyberpresse.ca/article/20060513/CPACTUEL/60512131/5859/FRONTPAGE








Par Michaeliss - Publié dans : www.adoptionetmaternite
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Texte libre



« Les histoires des enfants abandonnés n'ont pas toujours le même déroulement  heureux (la maman qui revient, comme dans les fables), parce que, souvent, les mères s'en restent au loin et ne reviennent jamais plus en arrière. Soit elles souffrent comme des bêtes et se traînent alors dans une vie de remords. Ou bien elles effacent cette douleur, elles la rayent de leur vie et en recommencent une nouvelle, là où il ne s'est rien  passé, là où cette histoire n'a jamais eu lieu.»

Extrait de l'article « Elle avait abandonné son nouveau-né » - LA STAMPA – 9/11/2003



Tomber enceinte, c'est l'affaire de quelques secondes.
Décider d'avorter ou non, c'est l'affaire de quelques semaines.
Se préparer à devenir mère, c'est l'affaire de quelques mois.
Accoucher d'un enfant, c'est l'affaire de quelques heures.
L'élever, c'est l'affaire de toute une vie...

Et quand les rêves s'évanouissent? Quand 
«les joies de la maternité» se transforment en fardeau, voire même en enfer ??



www.maman-blues.org

Lire mon autre témoignage à ce sujet dans l'article intitulé:
"Faut-il accoucher pour être mère?"...


MON HISTOIRE 4

Octobre 2004
– Bien que n’ayant jamais cessé, de près ou de loin et, comme tout le monde, avec des hauts et des bas, de suivre l’évolution du combat des adoptés italiens pour le DROIT AUX ORIGINES, je décide, par solidarité avec eux, de repartir à l’attaque, de relancer le débat.  

Mon but premier ?
Voir «enfin» d’autres mères de naissance apparaître et prendre la parole sur le Web italien!
En effet, je ne comprends pas… Moi qui suis la moins maternelle de toutes, qui ne suis pas en souffrance, moi qui ai «oublié» mon enfant, du moins dans mon cœur, et qui ne me traîne pas dans une vie de regrets ou de remords, moi qui ne me sens «coupable» de rien, sinon d’avoir donné la vie à un être humain pour ensuite l’abandonner (je n’ai pas avorté par lâcheté, mais si la pilule du lendemain avait existé, je n’aurais probablement pas hésité longtemps), comment se fait-il que moi, mère indigne, je sois après 5 ans d’appels et d’attente, toujours la seule et unique mère naturelle à oser s’exprimer, à raconter, à réclamer un DROIT DE SAVOIR OÙ EST MA FILLE avant que «ne sonne le glas» ?? !
Il y a à tout cela un tel non sens, quelque chose qui m'échappe...


Je mets donc en ligne un site Internet bilingue français-italien. Forte de ma bonne connaissance des deux langues, je m’associe avec le site italien Astro Nascente auquel je propose de calquer le combat sur celui de la France, où une association de Mères dites «de l’Ombre» existe depuis plusieurs années déjà, en lui expliquant que le versant «mères» était le maillon fort de la chaîne, les mères détenant la vérité et tout le secret d’une naissance, que ABSOLUMENT TOUT partait d’elles et que ce combat ne prendrait réellement du poids qu’au travers d’elles. Et que seule une prise de conscience de leur part permettrait d’avancer.

Novembre 2004 – 15 jours avant la date anniversaire de ma fille (18/11/1982), l’inspiration me vient soudainement, et en un quart d’heure je rédige quelques lignes sous forme de «Lette ouverte à ma fille» que j’envoie aussitôt par mail et par lettre à la rédaction du quotidien italien «Il Secolo XIX» de Gênes, région où ma fille aurait été adoptée.

«Le hasard» (??) veut que ma lettre tombe dans les mains d’un journaliste qui semblait être concerné «de très, très, près par l’adoption» (j’ignore à quel titre, mais je peux m‘en douter…), et qui, 10 jours après, me sort un article d’une demi page, déballant à sa façon une bonne partie de ma vie.
 
Le vrai départ était donné, je ne pouvais plus faire marche arrière, il m’avait peaufiné une bonne carte de visite, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion. Quelques jours après, je suis contactée par la chaîne TV nationale italienne RAI2 qui veut «m’aider à retrouver ma fille» sous condition que je participe à Noël ou à Nouvel An à une de leurs très populaires émissions… Ce que, pour plusieurs raisons, notamment de santé, je dois (et je mentirais si je disais «malheureusement») refuser.
En fait, je crois que la journaliste s’attendait à se trouver en face d’une «maman en sanglots prête à tout pour retrouver son enfant»… Elle était plutôt mal tombée… Non, décidemment, tous me prenaient au dépourvu, tout allait trop vite, je n’étais pas prête, ni à affronter une caméra que déjà je déteste, et encore moins un public italien qui, rien qu’à prononcer le mot «maman», se met déjà à pleurer !

Octobre 2005 – Après 3 ans de traitement par vaccin (tous les mois la 1ère année, toutes les 6 semaines la 2ème, tous les 3 mois la 3ème), je suis en rémission complète. Mes 35 nodules sous la peau ont disparu, la science et mon moral ont réussi à me stabiliser…
Les médecins eux-mêmes n’en reviennent pas. «Vous ne finirez jamais de nous étonner» me disent-ils à chaque fois qu’ils me rencontrent dans les couloirs.
C'est vrai que je reviens de loin, oui, mais, pour combien de temps encore… ?

Insidieusement cependant, les effets secondaires ont fait des ravages. Mes forces et mes énergies diminuent d’année en année, la fatigue chronique est devenue le nouvel ennemi à combattre, mais - oh cercle vicieux ! - contre lequel je ne trouve plus la force de lutter, par manque d'énergie…
 
Fort heureusement, tous mes plaisirs, toutes mes passions sont chez moi, dont une bonne partie sur mon PC, ce petit bijou de technologie qui réunit des personnes d’un extrême à l’autre de la planète.
Désormais mon bonheur à moi est dans la liberté absolue, le silence et l’isolement. La solitude m’accompagne depuis le berceau, il m’aura fallu 50 ans pour apprendre à l’apprivoiser d’abord, à l’aimer ensuite: je me retiens donc maintenant une femme comblée, et après tout ce que j’ai passé, aussi terriblement chanceuse!
Car, oui, j’ai la chance d’avoir encore mes 2 jambes et mes 2 bras valides, d’avoir un petit emploi et un petit 28 M2 où vivre et me réfugier en paix, d’avoir encore mes 2 yeux pour voir, mes 2 oreilles pour entendre, et un esprit encore suffisamment lucide que pour pouvoir lire et écrire et exprimer toutes les choses que j'ai encore à dire.

Mais de quoi les adoptés se plaignent-ils donc toujours? N’y a-t-il pas une «limite» à leurs plaintes ou gémissements à respecter ? Je peux comprendre, soutenir, adhérer et compatir pleinement à la «blessure primitive» et à cette exigence profonde (pour certains d’entre eux) de vouloir connaître ses origines (à condition toutefois que cela ne rime pas avec «maman»), je peux me ranger aux côtés de ceux qui militent pour l’obtention de ce DROIT FONDAMENTAL de l’homme, mais je ne peux accepter l’obsession, les excès (ni «d’amour», ni de haine), le stade du mur des lamentations, de la «persécution» ou de la hargne contre les adoptants ou les institutions de l’État tels qu’on peut les trouver en certains endroits.

« OUI à l’adoption, NON au secret ! ». Nul n’est à l’abri d’un échec social ou familial, et ce n’est pas dans les familles adoptives que l’on retrouve les pires cas de maltraitance sur l’enfant, mais bien dans les familles biologiques.
 
Et les mères dans tout cela?
Pour moi la réponse est purement et simplement dans ces quelques lignes, claires et concises, écrites par un journaliste italien dans son article intitulé « Elle avait abandonné son nouveau-né » (LA STAMPA – 9/11/2003) - VOIR  PLUS HAUT -

Quant à la «bonne recette pour l’apaisement» des personnes adoptées, c’est sans doute au travers de ce témoignage d’un jeune adopté italien de 19 ans, actuellement en quête de ses origines, que j’ai pu trouver une des meilleures réponse à donner:

« L’important, c’est de SAVOIR. Ton histoire était déjà écrite, et tu sais où elle t’a menée, c’est juste que tu ne la connais pas: alors, découvre-la et puis, mets-la de côté ! »


Et entre Novembre 2004 et Novembre 2005, que s’est-il passé ?

Décembre 2004 - Je me place «en observation»: pendant des mois je découvre et je lis des témoignages de mères, d’adoptés (ou non) et d’adoptants français, je m’instruis, et je reste surtout la première étonnée devant ces histoires de mères victimes et dépossédées de leurs enfant, je n’imaginais même pas que de telles situations puissent exister!
Avec mon petit caractère, à leur place, tôt ou tard, je me serais probablement rebellée aussi… (bien que, pas sûr, j’aurais sans doute «cicatrisé» très vite…), mais certainement pas en m’entremettant dans la vie de mon enfant avant sa majorité, cette façon de faire me choque profondément! Je ne peux concevoir ce manque de respect envers la famille adoptive, sans compter le risque de nouvelle déstabilisation d’un enfant adolescent que l’on court.

Car, quelles qu’aient été les circonstances de l’abandon, à moins d’avoir subi un viol ou un inceste, la mère a quand même consenti à un rapport sexuel, et a donc toujours sa part de tort et de responsabilité à assumer.
 
Et puis, quel est le pourcentage de femmes dans leur cas? S’agit-il d’une petite minorité…, la grande majorité des femmes ayant, tout comme moi, depuis longtemps oublié et tourné la page? Où suis-je moi l’exception, l’extra-terrestre, la seule inhumaine au cœur de pierre??
Heureusement que l’actualité, les forum de discussion, les chiffres officiels publiés dans divers pays et les statistiques sont là pour me répondre et me rassurer!

Mais où sont donc toutes ces mères et ces enfants remplis d’émotion qui se tombent dans les bras l’un de l’autre au moment des retrouvailles?! Pourquoi la majorité des mères «s’enfuient-elles» lorsqu’elles sont retrouvées? Pourquoi faut-il déployer tant d’efforts de «médiation» et de moyens pour qu’une mère accepte de lever le secret sur son identité ou même simplement de se montrer? Ah, que c’est beau «l’immense et éternel amour maternel»!
Aujourd’hui plus que jamais, je reste donc convaincue que ce sont bien les mères au cœur déchiré qui forment l’exception. Et si vous parvenez un jour à me prouver le contraire, et bien, ce sera TANT MIEUX,  car ce sera alors le premier VRAI  grand pas vers la Victoire pour le droit aux origines !

Je m’étonne également de cette sorte de «discrimination» qui est souvent faite entre mères ayant reconnu (mais abandonné tout de même !) leur enfant, et mères ayant «accouché sous X» que l’on retrouve sur certains sites, tant français qu’italiens…
Pour celles qui souffrent, leur souffrance est-elle donc tellement différente ? N’est-il pas encore plus cruel et plus douloureux pour une mère qui tient à ses enfants de se les voir «enlever» après les avoir connus et élevés pendant plusieurs mois, parfois plusieurs années, plutôt que de se voir retirer un enfant qu’on a à peine ou même jamais entrevu à la naissance? Les femmes ayant accouché sous X ont-elles l’exclusivité du malheur et de la souffrance?
Et ce n’est pas parce qu’une femme a reconnu son enfant qu’on lui octroie le droit de le retrouver! 
Un enfant/adolescent/adulte ne recherche-t-il pas avant toute chose sa mère «biologique»? Ou bien à l’avenir devra-t-il aussi d'abord se préoccuper que sa mère ait bien accouché dans le plus strict anonymat sous peine de se voir «exclu du clan»? !
Bizarrement d'ailleurs, parmi les quelques rares mères ayant timidement osé «sortir de l’ombre» sur les forums italiens, 2 sur 3 sont des mères ayant reconnu leurs enfants. Tiens, tiens, seraient-elles plus aimantes, plus en souffrance, ou plus maternelles que les autres?!

LE MOT DE LA FIN...

Voilà pourquoi, bien que membre du bureau et solidaire de deux associations représentatives du combat pour DROIT AUX ORIGNES, et bien que souhaitant de tout cœur que ces adultes en recherche trouvent la maman (ou l'enfant) dont ils rêvent, je ne peux toutefois que continuer mon chemin et mon exploration toute seule, sous peine de blesser des tas de personnes dont, même avec la meilleure volonté du monde, je ne parviens pas à partager les sentiments.  

Pour ce qui est de la France, «l’accouchement sous X» n’est pas mon combat, le DROIT AUX ORIGINES, oui. Certains ont bien compris la nuance, d’autres pas. Pas grave, les premiers grandissent, les autres ternissent: bon vent à ces derniers.

Pour ce qui est de l’Italie, le gouvernement ayant, depuis juillet 2005, lancé une immense campagne de sensibilisation visant à faire connaître et à «promouvoir» l’accouchement anonyme, et vu la foule de réactions que cette annonce a suscité sur les adoptés – 0 sur près de 600 inscrits, tous «leaders» compris ! – il apparaît désormais plus qu’évident que la bataille est perdue d’avance, si elle a même jamais commencé !

La seule et unique qui ait réagit, c’est une mère «d’Origine», indigne, ayant reconnu son enfant, non maternelle et non en souffrance, et qui plus est, malade et étrangère… Allez donc y comprendre quelque chose…
Donc, côté italien, nous continuerons dorénavant à nous échanger de gentils petits messages de consolation… et à nourrir des tas de fausses espérances dans le cœur de centaines de personnes…

Mais, sur au moins un point, nous sommes je crois TOUS bien d’accord:
Oui, « l’accouchement sous X »  a encore de très beaux jours devant lui !




« L'idée d’avoir été abandonné(e) provoque de la souffrance, il est inutile de le nier. Chacun surmonte cela à sa façon, il y a ceux qui choisissent le détachement et ceux qui par contre veulent rencontrer leurs parents au moins une fois.
C’est aussi naturel que boire un verre d'eau.»
Journal Terredimezzo – Décembre 2004 - Italie



DROIT AUX ORIGINES

 POURQUOI CHERCHER?


Pour régler ses comptes avec le passé

Pour prévenir les maladies génétiques

Pour dire: « Oui, maintenant JE SAIS, et c'était
MON DROIT! »



10 novembre 2005 – Le témoignage de A… (Italie)

 
 

« J’ai depuis peu connu ma mère naturelle. Pour moi cela a été important même si cela n’a pas été la classique fable au grand beau final.

Cela a quand même été une expérience profonde qui m’a énormément changé. J’ai rempli beaucoup de vides que je portais en moi depuis 18 ans (j’en ai 30). Des choses qui peuvent sembler banales, pour moi, ont été une découverte: j’ai les yeux de ma mère, et aussi son sale caractère -:)) »…



 

 MAIS L’HISTOIRE NE S’ARRÊTE PAS LÀ POUR AUTANT…


NOVEMBRE 2005

 Un mois chargé d’émotions… de toutes sortes. 

18 novembre, date d’anniversaire de ma fille qui fêtera, joyeusement ou tristement (?) ses 23 ans, un événement incroyable se produit: j’aurais peut-être réuni un frère et une sœur, de la France à l’Italie. Nouveau miracle de la vie? Mais pourquoi juste en ces jours-ci, alors que l’annonce du frère était sur nos fichiers italiens depuis presque deux ans ?!! Quelle force mystérieuse m’a poussée à me pencher «soudainement» à nouveau sur ce cas que j’avais pris particulièrement à cœur il y a quelques mois?

 19 novembre, ce frère italien «retrouvé» fête aujourd'hui ses 32 ans, en larmes, après la découverte de sa supposée histoire que je viens de lui révéler. A l’autre bout du fil, en France, une sœur pleure de joie… 

22 novembre, c’est le nouveau verdict qui tombe: l’heure de la récidive tellement attendue et redoutée a sonné. Le cancer s’est propagé à la rate. Ma 6ème opération chirurgicale se prépare donc.

9 décembre, la sensation d'un destin qui devait s'accomplir s'accroît comme jamais auparavant: ce soir le téléphone a sonné... pour m'annoncer... que l'on avait retrouvé ma fille !  Pour l'instant, dans mon coeur et dans mon esprit, toujours aussi peu d'émotion, juste beaucoup d'appréhension pour le nouveau drame que cela pourrait déclencher dans la vie de cette jeune fille...  qui a cessé d'être ma fille depuis une éternité...



Vendu gratuitement sur le net

Un site d'enchères en ligne néerlandais (www.marktplaats.nl, l'équivalent batave d'eBay, situé à Emmeloord) a retiré mardi soir une annonce dans laquelle une mère se proposait de donner gratuitement son fils d'un an.
« Il n'a pas de maladie et je le donne parce que j'ai tant de soucis en tête et que je ne suis pas très bonne pour m'occuper des enfanst »,
selon le texte qui accompagne l'annonce.
L'auteur(e) se prétend être une mère de quatre enfants, victime du stress.
www.lesoir.be du 11 janvier 2006



PARLONS  "STATISTIQUES"...

16 décembre 2005 - Journal "Le Quotidien"

Région Saguenay/Lac-Saint-Jean (Québec-CA)

Voilà ce que démontrent les statistiques compilées par la directrice régionale du Mouvement Retrouvailles, Denise Boudreau. En ce moment, elle compte 700 dossiers ouverts dans la région.

De ce nombre,

12 % sont des dossiers de mères qui recherchent,

30 % ont été initiés par des hommes adoptés,

58 % par des femmes à la recherche de leur mère.



Vous pouvez améliorer la visibilité de ce blog en cliquant sur les logos suivants.
Merci d'avance

présent sur bonWeb.com


Lookdir.net



Site optimisé pour FIREFOX

Texte libre

QUI SUIS-JE ?

Une «mère», tout à fait indigne de ce nom, qui, il y a maintenant 23 ans de cela, a mis au monde (en Italie) une petite fille... alors qu'elle n'aurait jamais dû le faire.

Dans la situation où je me trouvais, pratiquement sans famille, sans travail et sans aucun diplôme pour pouvoir un jour décrocher un boulot stable, habitant isolée en campagne et sans plus de voiture, sans argent et endettée jusqu'au cou à cause d'un petit flat qui était "bien à moi" mais qui n'était payé qu'à moitié, c'était de la folie pure. 

Pas maternelle pour un sou, et n'ayant jamais désiré ni me marier ni avoir des enfants, je décidai toutefois de ne pas avorter, non pas par "moralité" ou par conviction religieuse, mais tout simplement par lâcheté, parce que j'avais une peur bleue de l'intervention et de me retrouver toute seule dans un hôpital pour accomplir ce terrible geste. Une étincelle d'instinct maternel s'était aussi réveillée en moi, et j'avais fini par désirer fortement cet enfant.

Mon "rêve" s'exauça: je voulais une petite fille, j'eus une petite fille... Et après avoir traversé mes mois de grossesse dans l'isolement total et dans une misère noire, je me retroussai les manches pour affronter du mieux possible les années de galère qui s'annonçaient devant moi…



Pourquoi est-il si difficile de faire «sortir de l'ombre» des mères (ou des pères) «biologiques» ayant, par le passé, abandonné ou donné en adoption un enfant ?

Tout être humain a LE DROIT de connaître ses racines, l’histoire de sa naissance.

Les enfants (devenus adultes) adoptés se regroupent par centaines partout dans le monde pour tenter de retrouver leur mère naturelle, mais ces parents «d'origine», eux, continuent de faire la sourde oreille...


Depuis 6 ans, j'essaie de comprendre POURQUOI ?

Donc, mères ou pères de naissance, si le sujet vous intéresse, contactez-moi

(Lien "contact" tout en bas de la page).  Merci.




« Aujourd'hui, comme hier, malgré la grossesse, des dizaines de milliers d'enfants sont abandonnés et maltraités. Par ailleurs, le fait que l'enfant coûte parfois tant, physiquement et moralement, à la mère, n'est pas sans répercussions négatives. Certaines femmes détestent leur enfant pour cela. Vous voyez, ce n'est pas simple.»
(Henri Atlan)



En 2000, 3.393 bébés de moins d'un an sont morts en France. Les trois quarts de ces morts relèvent de deux causes: le «syndrome du bébé secoué» et la mort à la naissance par asphyxie, noyade ou abandon sans soins… Toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées.
Rapport Inserm 2005


 
«Quelque 2.000 enfants démunis souffrent de ne pouvoir s'accrocher à aucun foyer déterminé. Pour prendre la véritable mesure du phénomène, il suffit de rappeler qu'il y a quelque 15 000 enfants «placés» par année au Québec...»

Les dilemmes de la protection de la jeunesse

L'adoption est-elle la meilleure solution ?


«Il faut abandonner cette espèce de droit biologique des parents dits naturels... On n'en a rien à foutre d'un parent qui a mis au monde un enfant et qui ne s'en occupe pas. Il faut passer à une nouvelle modernité contemporaine de la famille!»

(Dr J.-Fr. Chicoine de l'Hôpital Sainte-Justine - Québec)
Source: www.ledevoir.com

«Jusqu'à quand laisser à des parents biologiques la tâche de prouver qu'ils peuvent être des parents ?»

Tout le dossier sur S-O-S-AbbandonoeAdozione



MON HISTOIRE 3

Parallèlement cependant, une autre vie, «virtuelle» cette fois, allait lentement se développer. L’Internet allait m’ouvrir de nouvelles portes...

Août 1997 (J’ai 48 ans)- Le diagnostic tombe: mélanome malin, stade avancé.  Pour la première fois de ma vie, je me vois contrainte et forcée de me faire prendre en charge par l’État, belge, cette fois, le destin m’ayant étrangement «poussée» à regagner ma ville natale (Bruxelles).
Je ne réalise absolument pas le danger que je cours, et je me retrousse les manches. Bien que «minimexée» (équivalent du RMI en France), je parviens à m’acheter un tout vieil ordinateur d’occasion et à m’inscrire à une formation sociale pour faire mes premiers pas en informatique.
Déterminée à vouloir m’en sortir à tout prix, je commence tout doucement et péniblement à remonter, «une nouvelle fois» la pente.

Février 2000 – J’ai enfin pu m’acheter un «vrai» ordinateur relié à l’Internet, et je me demande ce que je vais en faire, ce que je suis venue y chercher. Quelle recherche faire, de quoi…?  Ou si…? Peut-être, plutôt, «QUI» rechercher ?? !

Car, instinctivement, la première pensée qui me traversa alors l’esprit fut: «Et si j’essayais de lancer un appel pour retrouver ma fille?».
Mon tout premier mot-clé rentré dans un moteur de recherche fut: « ADOPTION ». Et, quelques jours après, mon tout premier message: «Je recherche ma fille, née le…».

Je me fais immédiatement «récupérer» par une jeune fille qui me redirige vers un groupe de discussion italien intitulé «Enfants adoptés et Parents naturels». Je place également une annonce sur le registre d’un autre site de recherches en ligne, appelé ASTRO NASCENTE.

Mars 2000 – Je découvre les premiers témoignages des enfants adoptés en quête de leurs  origines. Leurs cœurs se gonflent d’espoir car je suis la toute première «maman» à apparaître sur leur site. Je raconte mon histoire, je découvre «leurs vides», leur chagrin, la profondeur de leur blessure, que, bien sûr, je comprends (cela me paraît évident que grande souffrance il y a lorsqu’on est abandonné par sa mère). Mais je découvre aussi des réactions qui me laissent terriblement perplexe : sens de culpabilité (comment un enfant peut-il se sentir responsable du geste de sa mère?), rancœur, haine parfois, ou, au contraire, messages d’amour à leur «vraie maman» (comment est-il possible d’éprouver de «l’amour» pour une personne qu’on n’a jamais vu ni connu dans sa vie?), sacralité des liens du sang, des «9 mois passés ensemble», recherches qui tournent à l’obsession…

Et là je ne comprends plus du tout... N’y a-t-il pas un stade où il faut pouvoir se résigner, tourner la page, se rendre compte de la chance qu’on a d’avoir pu être adopté et sauvé d’une vie misérable?
Toutes ces personnes qui écrivent aujourd’hui derrière un PC ont une vie normale, une famille, un foyer, un(e) conjoint(e), des enfants, un travail, une voiture, une seconde résidence à la mer ou à la montagne, des vacances une ou deux fois par an, de quoi donc se plaignent-elles?
Bien sûr que l’argent ne fait pas le bonheur...Quand on ne s’est jamais retrouvé à la rue, sans travail et sans PERSONNE à qui demander de l’aide, quand on n’a jamais manqué de rien c’est tellement facile à dire!

Août 2000Première récidive, le premier ganglion est atteint. 2ème intervention chirurgicale,  nettement plus lourde cette fois. Mais je n’ai toujours pas pris réellement conscience du danger et de la rapidité avec laquelle la maladie peut de propager. Je reste confiante.

Mai 2001 -  Un bref séjour en Italie. J’y rencontre 3 personnes adoptées italiennes: j’ai devant moi des personnes équilibrées, heureuses, épanouies. Je n’ose pas leur dire que jamais je n’ai pensé à ma fille le jour de son anniversaire, que je ne pleure plus sur cet épisode du passé, que je ne souffre pas le moins du monde de cette séparation forcée de ma fille, que «ce qui est fait est fait» et que se ronger intérieurement ne sert à rien sinon à se faire du mal à soi-même...

Je me rends vite compte qu’un mur nous sépare, et que mes paroles pour eux sont dures à entendre. Je me dis toutefois que si tant d’enfants adoptés souffrent en silence de leur abandon, ma fille doit sûrement en souffrir aussi, et que bientôt, tout comme moi, par le biais de l’Internet, elle aussi se mettra à ma recherche, qu’elle voudra sûrement me connaître, savoir les raisons qui m’ont contrainte à ce geste, connaître son histoire, ses origines, savoir qui est son père… Car, j’estime que c'est SON DROIT le plus strict et qu’il est de MON DEVOIR de lui laisser «au moins cela» avant de m’en aller pour toujours.

Mais cette prise de conscience de ma part n’est survenue que grâce à l’apparition de l’Internet dans ma vie au quotidien. Sans cela, jamais je n’aurais songé à entamer une recherche. L’adoption étant un acte irréversible, je pensais en toute sincérité et ingénuité qu’il en allait de même pour l’enfant, que passés les premiers traumatismes du changement, il faisait le deuil de son abandon, et que la sérénité prenait finalement le dessus sur la tristesse.

… Plus de 5 ans ont passé depuis mon premier appel à ma fille. Je l’attends toujours, par le biais de la magie du Web, mais je n’ai toujours pas effectué la moindre recherche active, je n’en ressens pas le besoin, et surtout, je ne m’en sens pas le droit ni vis-à-vis d’elle, ni vis-à-vis de ses parents adoptifs.

D’ailleurs, aux mamans qui, sur les forums italiens, recherchent désespérément leur enfant, je réponds toujours:

« Mais ce sera quand même toujours à ton enfant, et à personne d’autre, de décider s’il voudra ou non t’accepter dans son coeur. Petit, il n’a pas pu choisir, maintenant qu’il est grand, pouvoir choisir, c’est SON droit. »

Pour ma part j’ai cessé d’être mère le jour où j’ai, avec au moment même un immense chagrin, laissé ma fille à d’autres, où j’ai renoncé à assumer plus longtemps mes responsabilités. Pour moi, la vraie mère est celle avec qui on a tissé des liens d’amour et d’affection tout au long d’une vie, et non pas celle qui a accouché.

(Ai-je répondu à vos attentes chère Madame Luisa Forti ?)

VOIR PAGE D'ACCUEIL: lettre ouverte à ma fille du 17 novembre 2004




Ni la grossesse ni l’accouchement ne sont pour moi des souvenirs heureux, loin de là… Je les ai donc, avec tout le reste, rapidement effacés de ma mémoire.

Maintenant, tout ceci ne veut pas forcément dire que «SI» un jour je devais la retrouver, je ne craquerais pas… Peut-être ce jour-là toute la déchirure du passé remontera-t-elle à la surface?
Je l’ignore, j’ignore complètement quelle sera ma réaction face à elle. Sans doute cela dépendra-t-il aussi fortement de sa propre réaction et situation... Heureuse ? Malheureuse ?

Une chose est certaine: la rancœur, les méchancetés ou les reproches seront très mal reçus, elle a intérêt à ne pas me braquer, car à s’en prendre plein la figure, hélas, ce sera elle, pas moi...
Après tant d’années de d'observation et de réflexion à ce sujet, j’en suis d’ailleurs encore et toujours au stade de me demander s’il ne vaudrait pas mieux qu’elle ne cherche jamais à me connaître ni à
«savoir» la vérité... Car, TOUTES les vérités sont-elles bonnes à dire et à entendre ? Malgré les centaines de témoignagnes que j'ai pu lire sur de multiples forum, j'en doute toujours, et même très fortement...

Il est évident que seule une profonde maturité et une grande ouverture d’esprit de sa part pourront éventuellement rétablir une relation mère-fille entre nous. Et que pour moi, au plus les années passent, au mieux c’est.

Septembre 2001Deuxième récidive. Le foie est atteint. Là, enfin, je réalise… Le ciel me tombe sur la tête. Je me vois morte et enterrée endéans les 6 mois, la panique s’empare de moi…

C’est terrible de n’avoir personne à qui laisser les choses qu’on aime, les quelques rares souvenirs de famille, de ne même pas pouvoir faire un testament parce qu’on ne sait pas à qui léguer quoi… C’est à ce moment-là que je me rends compte combien il serait important pour moi aussi de pouvoir transmettre un quelque chose, un reste de moi à ma fille…

Les médecins tentent quand même l’opération, et me sauvent provisoirement la vie. Un anti-dépresseur me sauve le moral. Je dévore à nouveau la vie à pleines dents, je me replonge corps et âme dans le travail, mes collègues sont chouettes, cela m’aide beaucoup.
 
Comme pour l’abandon de ma fille, oublier son mal, ne pas y penser, c'est le meilleur moyen d’y remédier.
Paradoxalement pourtant, le seule douleur qui, chez moi, même 20 ans après, «ne passe pas», c’est la mort de ma mère… Jamais je n’oublierai cet écrasant sentiment «d’abandon total» que j’ai éprouvé à ce moment-là…  Mais sans doute aussi, parce qu’à 33 ans, plus personne n’était là pour m’adopter...
Comme quoi on peut ne pas partager du tout les mêmes émotions «d’enfant à mère» que «de mère à enfant»… Et que «l’illusion d’une réciprocité» peut par conséquent faire beaucoup de mal...

Janvier 2002 – On tente un nouveau vaccin censé bloquer le développement des métastases. Je sers de cobaye, je suis dans le «premier groupe». Bilan de santé tous les 2 mois, je passe la moitié de mon temps dans les hôpitaux. Les examens, l’angoisse des résultats…
Comme pour toute chose, abandon compris, «seul qui est passé par là peut comprendre»…

Mais le traitement échoue.

Mai 2002Troisième récidive. Les  yeux sont atteints, une métastase dans chaque œil… On me prépare déjà à devoir perdre la vue, on me parle déjà de «prothèses»…  Je m’imagine déjà… Seule au monde, sans personne pour m’aider, aveugle, en mutuelle avec 600 € par mois pour survivre, clouée toute la journée dans un fauteuil sans pouvoir rien faire sinon à attendre de mourir, lentement mais sûrement, de mon cancer…

Etrangement pourtant, je ne panique pas, je n’y crois pas, je me dis que ce n’est pas possible qu’une chose pareille m’arrive…

Et effectivement, le miracle se produit à nouveau: un chirurgien extraordinaire accomplit un véritable exploit médical, il parvient à me sauver les 2 yeux, même si pour lire et écrire un des deux est dorénavant à moitié condamné. Mon cas est d’ailleurs cité lors d’un congrès scientifique d’ophtalmologie.

Septembre 2002 -  Le répit aura été de courte durée. Tout mon corps s’est rempli progressivement de métastases sous-cutanées, des «boules» sous la peau de toutes les dimensions me sortent de partout, de la tête aux pieds, parfois 6 en l’espace d’une nuit… Après 13 biopsies pour enlever les premières, la chimiothérapie s’avère cette fois inévitable, «ça urge» même…

Mais l’anti-dépresseur fait toujours son effet. J’affronte cela haut la main, avec un moral de plomb; entre un cycle et l’autre je trouve même la force d’aller travailler un peu. Trois semaines après mon 3ème cycle, je reprends le travail à plein temps.

Je réclame aussitôt un nouveau vaccin, car étant un sujet désormais «hors protocole» (vu que l’invasion métastatique avait commencé), il ne pouvait plus m’être attribué qu’à titre «compassionnel», dit humanitaire.
Je me retrouve alors à nouveau dans «un groupe de tête », ce vaccin n’ayant jamais été expérimenté sur quelqu’un à un stade avancé comme le mien…


SUITE DANS LA COLONNE DE GAUCHE...




15 décembre 2005 – Italie –  Quotidien "Il Messaggero"

http://ilmessaggero.caltanet.it

 

UNE SOMALIENNE REJETTE SA FILLE, FRUIT D'UNE VIOLENCE

Elle s’en est occupée pendant 10 longs mois, mois durant lesquels elle a mûri son choix d'abandonner sa petite fille conçue sous la contrainte. Et elle lui a dit adieu.

Ainsi une jeune et belle somalienne de 19 ans a motivé hier soir sa décision de renoncer à sa fille. Accompagnée de sa soeur et d'une amie italienne, elle s'est présentée au Tribunal des Mineurs. "Je ne la veux plus, je ne l'aime pas. Je veux la donner en adoption", a-t-elle expliqué.

Une brigade du commissaire Castro Pretorio est aussitôt arrivée sur place, les agents ont essayé de la faire raisonner, mais il n'y a rien eu à faire.




PRESSE ITALIENNE

Traduction française de l’article paru en septembre 2005 sur le journal La Repubblica

  
LES GRANDS TITRES
 

La proposition arrive après les faits récents de nouveau-nés tués et jetés dans un conteneur d’immondices, 3 cas en quelques jours.

 

Des «fenêtres à bébés» déjà ouvertes à l’étranger

Le Président (de l’institut) des Innoncents (situé à Florence) : "Nous ne pouvons pas rester les yeux fermés"

 
300 les abandonnés

Sur base des données de la Commission pour l’Égalité des chances, 300 nouveau-nés sont retrouvés chaque année, « morts ou vifs »

 

+ 10% l'augmentation

En 2002, on dénombre une augmentation des abandons de 10% en 5 ans. La Sicile, suivie de la Lombardie, détient le record.    

 


UN PEU D’HISTOIRE


Les lieux
Depuis l'antiquité existent des lieux où abandonner les nouveau-nés. Dans la Rome antique, au pied de la « colonne lactaria » (*)

« La roue »
Faite «à mesure de nouveau-né» pour éviter l'abandon d'enfants plus grands, elle apparaît dans les années 500

Les enfants trouvés
Les noms inventés pour les enfants trouvés rappellent leur origine. Innocenti se rapporte à la Toscane, Proietti à Rome, Esposti à Naples.

Les années 700
Des pics d'abandons ont eu lieu dans les années 700, parallèlement à la révolution industrielle et à l'entrée des femmes dans le monde du travail.

L'abolition
L'adieu à « la roue » date de 1875. Récemment, dans plusieurs pays européens, des « portiques appropriés » ont fait leur apparition à l’extérieur des hôpitaux



(*) Située dans les catacombes romaines, près de l’actuel Théâtre de Marcello, et où l’on trouve un grand nombre de tombes d’enfants




Nombre visiteurs uniques depuis la mise en ligne,
le 14 décembre 2005.


Référencement

www.meilleurduweb.com : Annuaire des meilleurs sites Web.

Aquitaweb > L'Aquitaine a référencé ce site



Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus