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Vendredi 16 décembre 2005
«Le mouvement féministe n'a pas aidé les mères. Il a fait beaucoup avancer dans certains domaines, mais sur le plan de la maternité, ç'a été une catastrophe. C'est très difficile, aujourd'hui, de gérer une société de la performance et une famille. Les femmes qui veulent rester à la maison sont regardées comme si elles étaient des arriérées mentales et celles qui veulent travailler et ne veulent pas d'enfants se font regarder comme des chipies épouvantables, sans coeur. Quoi qu'elles fassent, les femmes sont mal jugées parce que cette société n'a jamais réfléchi sur ce que c'était que d'avoir des enfants.»
«Ce qui est clair, poursuit Micheline Lanctôt, c'est que nous vivons dans une société qui ne veut pas d'enfants
«Plus que ça, ajoute Lori Saint-Martin, je pense que l'on n'aime vraiment pas les enfants. Il y a des cafés «sans enfants» à New York... comme il y en a des «sans fumée» ! Comme si l'enfant en soi était un peu suspect.»
 Propos tenu Micheline Lanctôt et Lori Saint-Martin (CA)



Allemagne - Au pays des sans-enfants

Par Odile BENYAHIA-KOUIDER - 13 septembre 2005

Extraits de l'article paru sur le journal Libération:

Loin d'être effrayés par la dénatalité qui frappe leur patrie, de plus en plus d'Allemands excluent de devenir parents. Surtout les jeunes hommes, prêts à se faire stériliser pour écarter tout risque de paternité. Et les incitations des pouvoirs publics ne semblent pas convaincre ces «objecteurs de procréation».

Il venait d'y avoir la catastrophe de Tchernobyl, c'était en 1986, raconte Retchie.
«J'étais tellement dégoûté par ce monde que j'ai décidé que je ne voulais pas d'enfants. Je suis allé voir un urologue à Berlin. Nous avons discuté pendant au moins cinq heures mais ma décision était prise. Je me suis fait stériliser. J'avais 23 ans

A ce rythme, le pays comptera 68,5 millions d'habitants en 2050, contre 82 millions à l'heure actuelle. A condition de laisser la porte ouverte à 100 000 émigrés chaque année.

«Ce ne serait pas une grande perte pour l'humanité. Je n'ai jamais ressenti le moindre patriotisme sur la question.»

Rudolph Körner, 50 ans, qui estime «ne rien devoir à la société», il y a quinze ans, s'est fait stériliser : «Je ne ressentais pas en moi la nécessité impérieuse d'avoir un enfant. Ma mère nous a élevés dans l'idée que nous devions être totalement indépendants. Je n'ai jamais voulu me marier. Pourtant, je pense que j'aurais été un bon père.» Sa compagne, Nina, de dix ans sa cadette, a accepté sa décision. Elle ne voulait plus prendre la pilule «à cause de toute cette chimie que l'on impose au corps». Il trouvait les préservatifs «pénibles». La stérilisation était «le meilleur contraceptif».

«Les enfants, cela coûte cher et cela empêche de faire carrière, voilà le problème», résume Sandra, 21 ans, étudiante à l'université de Bielefeld. Pour s'émanciper du modèle «Kirche, Kinder, Küche» (église, enfants, cuisine), les Allemandes souhaitant travailler ont ainsi renoncé à la maternité. 26,8 % des femmes âgées de 30 à 44 ans n'ont pas d'enfants. Quand elles ont fait des études supérieures, la proportion atteint 40 %.

«Pouvoir décider librement»

Pourtant, en révélant que l'absence de désir d'enfants chez les jeunes adultes est en très nette augmentation et que l'intérêt des hommes pour les bébés est deux fois plus limité que celui des femmes, l'étude de l'Institut fédéral de la population soulève un problème encore plus profond. 26,3 % des hommes âgés de 20 à 39 ans disent ne pas vouloir de descendance. Et 36 % des «sans-enfants» tiennent à le rester.

Les personnes interrogées invoquent leur envie de profiter de la vie, sans être obligées d'abandonner leurs hobbies. Les considérations sur les coûts engendrés par une naissance et les difficultés à concilier vie de famille et travail viennent après.

«Je n'ai jamais voulu faire de plan de carrière. J'ai toujours vécu au jour le jour et cela ne convient pas à la vie de famille», raconte Reiner Schipporeit, 53 ans. Il y a treize ans, l'une de ses petites amies, enceinte, souhaitait garder l'enfant. Pas lui. L'avortement s'est mal passé, il a décidé de se faire stériliser : «Le fait de pouvoir décider librement de se reproduire ou pas nous distingue des animaux.» Ces hommes qui refusent d'endosser la paternité ont hérité d'un surnom : «objecteurs de procréation».

«Les jeunes Allemands jugent tout à fait acceptable de ne pas avoir d'enfants. Avec l'égalité des sexes, les jeunes hommes ont compris que devenir père supposait une prise de responsabilité non seulement financière mais sociale, et ils ne sont pas prêts à l'assumer. Les Allemands se sont réfugiés dans des valeurs très matérialistes. Avoir une belle maison, une grosse voiture, se payer de belles vacances, c'est primordial. Les enfants, c'est secondaire.»

«Je ne vois pas comment on va revenir en arrière, remarque Rudolph Körner. Les conditions nécessaires au bon accueil des enfants ne sont pas réunies dans notre société. Une famille de quatre enfants est considérée comme asociale. Déjà, quand j'étais petit, en Bavière, les enfants dérangeaient.» Là encore, les Allemands, qui sont les rois du concept, ont trouvé une expression très symptomatique : «Kinderfeindlich» (ennemi des enfants). Oliver, 47 ans, raconte qu'un jour où il se promenait sur un sentier, au bord du lac Wannsee à Berlin, avec ses deux jeunes enfants, deux cyclistes roulant à vive allure lui ont crié : «Les gosses en laisse !» Les histoires de voisins anti-enfants ne manquent pas. Récemment, la cour de justice de Hambourg a donné raison à un couple âgé qui réclamait la fermeture d'une crèche au motif que les petits étaient trop bruyants.

Les Allemands ont besoin d'un changement radical de mentalité. Une révolution procréatrice. Sinon, dans quarante ans, ils seront quasiment une espèce en voie de disparition.




6 janvier 2006
Article journal Il Messagero.caltanet.it

Sans enfants et heureux ou hyper-parents:

l’affrontement des couples aux USA


Par ANNE GUAITA

NEW-YORK - Ces derniers jours, l’acteur Steve Martin attire les foules à l’écran avec le film «Une douzaine déchaînée», dans lequel il interprète le rôle d’un joyeux père de famille ayant la beauté de 12 enfants. C’est le classique film comique des fêtes de fin d’année, tout empreint de bons sentiments familiaux.

Mais, dans le réalité, Steve Martin n'a pas d’enfant, et n’en a jamais voulu, il est au contraire membre honoraire d'une association, Childfree by choice, (Libres d’enfant par choix), qui regroupe des couples ayant choisi de ne pas avoir de progéniture.

"Libres d’enfant par choix" est une organisation née il y a maintenant une dizaine d’années, mais le nombre de ses membres croît à un rythme vertigineux. Et probablement continuera à croître: le dernier recensement a en effet montré que le nombre de femmes américaines entre 40 et 44 ans, proches de la fin des années fertiles, qui n’ont jamais eu d’enfants, a augmenté de 10 % en 30 ans, touchant des pointes de 18 %. Parmi elles, il y a naturellement de nombreuses femmes qui n'ont pas eu d’enfant pour des raisons physiques ou sentimentales, mais beaucoup ont simplement fait consciemment le choix de rester nullipares.

Le phénomène prend une expansion telle qu’il n’est désormais plus considéré une curiosité comme c’était le cas à la naissance de Childfree by choice. Le mot-même, «childfree», était une nouveauté, vu que, jusqu’alors, on avait toujours employé l'expression «childless », signifiant «en manque d’enfant». L'idée que quelqu’un pouvait se définir «libre» plutôt qu’«en manque» d’enfant était révolutionnaire.

Mais aujourd'hui, dans un pays qui redécouvre les valeurs traditionnelles, les couples childfree sont souvent critiqués, vus comme des anti-américains, comme des désobéissants aux commandements divins.
Eux ne s’en soucient guère, et au contraire, énumèrent les phénomènes sociaux qui semblent renforcer leur position. 

Hier justement, le New York Times publiait un grand article pour critiquer l’intolérable et grandissante compétitivité avec les parents d'enfants particulièrement doués. Selon une série d'experts, le normal amour paternel et maternel tend de plus en plus à se transformer en attitudes de vanité agressive et de mauvais goût. Quand l'amour et l’orgueil deviennent à ce point oppressifs - mettent en garde les éducateurs - les enfants ne se sentent pas pour autant rassurés, mais au contraire, commencent à éprouver des sentiments d'insécurité. Cette façon «d’insister» de tant de parents est considérée mauvaise pour l'enfant, voire même mal élevée en général, une violation du bon goût, au point que le quotidien New-Yorkais offre un petit guide du savoir vivre pour aider les parents particulièrement enthousiastes à ne pas tomber dans la suffisance : «Parlez seulement du rôle que votre enfant a obtenu dans une représentation scolaire - conseille le quotidien -, mais évitez d'en parler pour un laps de temps qui soit plus long que la représentation elle-même».

À prêter main forte aux childfree, vient s’ajouter le fait que de nombreux parents de la génération des années ’60 optent pour des comportements «libertaires» qui dérangent souvent les gens en public: enfants qui courent dans les restaurants, entravent le chemin des garçons et crient, ont poussé quelques propriétaires de restaurants à ouvrir des salles réservées aux childfree, un peu comme quand il y avait encore les salles pour fumeurs et non fumeurs. La chose a fait crier ces parents militants au scandale. Mais les childfree se sont dits très contents : «Ceci est une société child centered (centré sur l’enfant) – déclare Jennifer Shawne, auteur du livre Baby not on Board (Aucun enfant à bord) -. Mais tous ne trouvent pas les enfants aussi intéressants".

Effectivement, les couples dits «désintéressés» sont nombreux, qui par envie de s'amuser, qui par peur de mettre au monde des enfants dans un monde pollué et corrompu.
De Oprah Winfrey, actrice et animatrice TV («Je n’ai pas le temps pour des enfants» admet-elle) au célèbre écrivain Don De Lillo, en passant par l’acteur Christopher Walken («Ma femme a déjà assez de travail avec moi» plaisante-t-il), par le musicien Bonnie Raitt, par l’acteur Ralp Fiennes («Un enfant, non, de grâce…»), par le politicien Ralph Nader («Je devais choisir entre la famille et la politique, on ne peut pas avoir assez d’énergie pour tous les deux») ou par le présentateur TV Jay Leno, les childfree ne sont plus une anomalie. Et comme expliquait George Clooney : «Choisir de ne pas faire d’enfant est légitime, au même titre que cela l’est de choisir d’en faire». 

© 2006 Traduction française en exclusivité pour ce blog.



" Chez les Mésopotamiens (1600 av. Jésus Christ), certains auteurs affirment que Ramsès II faisait distribuer des contraceptifs pour limiter le risque de surpopulation menant à la famine."


14 février 2006

La provocation de Marco Pannella:
«Basta avec les enfants ou nous exploserons »

Ça suffit avec les tsunamis natalistes, il faut maintenant une politique démographique de "rentrée en douceur". Bref, assez d’enfants. Paroles de Marco Pannella, publiées dans le très visité site Internet du comique génois Beppe Grillo.

La dernière provocation du leader du parti radical est simple et part de la crise énergétique que traverse l'Occident ces dernières semaines. Nous consommons tellement d'énergie parce que nous sommes beaucoup, et même beaucoup trop. Donc, arrêtons de faire des enfants, arrêtons avec cette «multiplication bestiale et irresponsable» voulue part les «pouvoirs fondamentalistes cléricaux».

Cette provocation de Panella est une violente attaque aux politiques familiales, au dogme de la «défense de la famille» relancé par les partis de droite et de gauche. Selon Pannella, c’est une erreur de continuer à baser la politique sociale sur cette «famille» qui n'est rien d'autre que «la reproduction continue, intensifiée et encouragée par l’Etat de bébés. «Mais quelle famille - écrit le leader de la Rose dans le poing –, quels droits sociaux et éthiques ont ceux qui la constituent ?
Nous allons être emportés si les autres, les jeunes, ne savent pas que la bombe démographique peut éclater et tout détruire.»
«Si le communisme nazi chinois n'avait pas décidé depuis des générations d'empêcher «à la nazi » les naissances en détruisant par la force de l'État des foetus et des nouveau-nés, qui sait à quel point nous ne serions déjà pas?»




«En fait, une réduction graduelle de la population est la seule solution pour garantir une certaine qualité de vie pour les générations futures»
estime le professeur Manning, soulignant que selon les prévisions la population mondiale devrait passer de 6,5 milliards à 9,1 milliards d'ici 2050.

http://www.cyberpresse.ca


26 mai 2006

Fête des mères - A quand la fête des non-mères?
Sans enfant si je veux

Par Serge CHAUMIER

En France, à peine 10 % des femmes ne seront pas devenues mères à la fin de leur vie. En Allemagne, elles sont presque trois fois plus nombreuses. Ce n'est pas l'Allemagne qui fait exception, c'est la France qui demeure proche des pays les plus pauvres. Il n'y a guère que l'Irlande pour lui tenir compagnie en Europe, depuis que les femmes d'Italie ou d'Espagne ont découvert massivement que l'on pouvait être femme sans être mère.

En France, une idéologie pesante maintient le tabou. Il serait temps de lever le voile sur ces questions, alors que l'on se persuade de notre émancipation vis-à-vis des héritages rétrogrades. Pourquoi, malgré l'évolution des moeurs, l'élévation du niveau d'étude, la libération sexuelle et l'émancipation féministe, le taux de femme sans enfant demeure le même que par le passé ? Contrairement aux pays occidentaux développés, la France continue à enfanter, au point que le taux de natalité demeure un des plus hauts d'Europe.

Si le chiffre de 195 enfants pour 100 femmes est connu (seule l'Irlande devance la France, alors que la moyenne européenne est de 150), et si les femmes ont des enfants plus tardivement que par le passé, en revanche, il est peu signalé que le taux de femmes qui seront sans enfant au terme de leur vie reste stable et bas.

Si elles sont 14 % en Italie ou en Espagne, 20 % en Grande-Bretagne, 30 % en Allemagne (et même 45 % lorsqu'elles sont diplômées de l'enseignement supérieur), elles sont à peine 10 % en France. Si l'on exclut les femmes qui n'ont pas pu avoir d'enfants pour des raisons biologiques, le nombre qui a fait le choix de ne pas se reproduire oscille entre 4 et 6 %. Ce n'est pas le fruit du hasard ou d'une quelconque prédestination.

L'empreinte du catholicisme dans un pays qui se croit laïcisé est manifeste. Pour les sujets tenant à la vie comme à la mort, la pesanteur des idéologies chrétiennes demeure omniprésente. La France n'est pourtant pas, loin de là, la seule à devoir assumer cet héritage. Seulement, la prise de conscience nécessaire à la levée des antiennes commandant de se reproduire n'a pas été faite. Les bénéfices des techniques de contrôle des naissances sont manifestes, mais cela ne s'est guère accompagné d'une remise en question plus radicale. Ce qui avait permis d'élever sensiblement le niveau de vie des populations, en promulguant une éducation sexuelle donnant lieu aux contrôles des naissances et à la baisse du nombre d'enfants dans les familles, le malthusianisme porté par les militants de gauche à la fin du XIXe et au début du XXe a été abandonné en chemin. Nul n'ose plus tenir ce discours émancipateur, la gauche moins qu'une autre, à l'heure où elle prend pour héraut une femme qui se déclare porteuse des valeurs familiales et de l'enfantement comme réalisation de soi.

Il reste à découvrir que la vie peut être digne d'être vécue et heureuse sans enfant. Affirmer que l'on peut être pleinement femme sans être mère, voilà ce que le féminisme français n'a pas pleinement assumé, préférant exalter la féminitude et surenchérir sur le vieux credo chrétien. Marcela Iacub a raison d'accuser le féminisme français d'être promaternité, et d'en montrer les conséquences multiples sur les politiques d'égalité des sexes. «Un enfant si je veux, quand je veux», clamait le slogan des années 70, c'est essentiellement la seconde partie de la phrase qui a été retenue. L'âge de procréation est certes repoussé, il demeure dans l'imaginaire français que la réalisation de soi passe par l'enfantement.

Quand il est proposé, dès 18 mois, aux petites filles, des jouets sexistes qui indiquent les rôles et forgent les habitus, apprenant les gestes pour allaiter, changer les couches et bercer le poupon avec des jouets dits d'«imitation interactive», il faut une certaine force de caractère pour s'affranchir de ce qui semble pour le moins naturel. Il n'est pas surprenant que ce soit les femmes diplômées qui y parviennent plus aisément. Mais il faut aussi y être aidé, notamment par des discours d'affranchissement des normes ; or, bien peu s'expriment en France.

Les pressions sociales, et avant tout familiales, pèsent sur chacun, et d'abord sur chaque femme, pour convaincre que le destin est contenu dans cet accomplissement. "Avoir un enfant est une chance dont on ne saurait se priver sans être marginales et sans avoir un peu raté sa vie, sous-entend le sens commun. Sans nier l'aventure que représente le fait d'avoir un enfant, l'idée que l'on se prive de quelque chose est sans cesse réaffirmée, comme si ceux qui fondaient une famille ne renonçaient pas également à d'autres plaisirs. Les désagréments provoqués par le fait d'avoir des enfants ne sont jamais évoqués. Comme s'il était obligatoire de passer par là pour s'épanouir, comme si les vies sans descendance ne méritaient pas d'être vécues". Ce discours pèse d'autant plus fortement sur les femmes qu'elles savent que le temps leur est compté pour se décider. Peut-être faut-il voir dans les nouvelles technologies de procréation une possible libération envers cette épée de Damoclès. En permettant de remettre le choix à plus tard, une plus grande égalité avec les hommes peut libérer les femmes de cette angoisse. Sans doute est-ce pour cela qu'une opposition à ces techniques s'exprime dans les milieux les plus conservateurs.

Les femmes qui osent affirmer leurs choix de ne pas enfanter sont stigmatisées, regardées comme étranges et quasi monstrueuses. On les plaint, on cherche à les convaincre, on s'inquiète. Des femmes qui ne peuvent avoir d'enfant en deviennent obsessionnelles, l'absence vire au pathologique. Mieux, les homosexuels estiment que c'est là un passage obligé pour affirmer une vie de couple épanoui. Le désir d'homoparentalité, s'il est en soi justifié, n'est peut-être pas non plus étranger aux représentations omniprésentes qui assimilent la réussite de sa vie conjugale à la vie familiale.

Qui choque le plus aujourd'hui, le couple gay qui veut des enfants ou le couple hétérosexuel qui affirme ne pas en vouloir ? Moralistes et psys de tous acabits sont prêts à bondir pour expliquer le phénomène : individualisme, égoïsme, traumatisme, immaturité, instabilité sexuelle... Les sciences sociales nourrissent les discours catastrophistes sur une patrie qui n'aurait plus d'enfants. Le familialisme a encore de beaux jours devant lui, tant que la fête des Mères n'aura pas, en symétrie et en toute égalité de choix de vie, une fête des sans-enfants. Ce n'est là qu'un registre symbolique, mais les représentations sociales incessantes ne font que confirmer une idéologie massive d'une normalité reproductionnelle. Il est plus que temps de libérer les consciences de la parentalité forcée.





Et puis, d'ailleurs, qu'on se dise...

Un enfant, ça dérange!

Silvia Galipeau
La Presse

Qu'on se le dise. Un enfant, ça dérange.

C'est une déclaration, pour le moins surprenante de la part d'un homme qui consacre sa vie aux enfants: le pédiatre social Gilles Julien

«On n'ose pas le dire, mais un enfant, ça dérange nos vies. Même quand c'est planifié. (...) C'est un peu normal qu'un enfant dérange, et il devrait déranger, parce que ça prend beaucoup de place un enfant, alors c'est forcément dérangeant. (...) Et heureusement, parce que ça nous fait évoluer, explique le pédiatre, de sa voix douce et calme. Le problème, c'est qu'on ne se l'avoue pas. Comme société, on ferme les yeux.»

C'est d'ailleurs le sujet de son dernier livre : Vivre avec un enfant qui dérange, publié chez Bayard. L'objectif? Dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas (une mère épuisée, un voisin irrité, ou un serveur de restaurant dépassé), dépeindre une réalité, histoire de permettre à tous ces enfants (parfois turbulents, simplement pleureurs, ou carrément malades) de bien se développer. «Un enfant, ça prend de la place. Il doit casser des verres, renverser du lait, pour apprendre. Il faut voir ça comme faisant partie de son développement normal.»

Seulement voilà, parfois, ce «développement normal» est excédant. Pour toutes sortes de raison : parce que le parent est à bout de nerfs, tout simplement, séparé, seul, peut-être même battu.

Chercher de l'aide

Excédant, d'élever un enfant, et parfois terriblement culpabilisant. Quand l'enfant ne correspond pas à nos attentes, quand il est différent, ou quand nos caractères sont carrément incompatibles. Et ça arrive. Alors que faire?

«Chercher de l'aide», répond sans détour Gilles Julien. Une soeur, une tante, un organisme communautaire (même si les ressources, dans ce domaine sont encore bien maigres, déplore le pédiatre). Pour souffler, changer le mal de place, et repartir d'un bon pied. «Si votre enfant dérange, ne vous sentez pas coupable, mais cherchez de l'aide. N'ayez pas peur d'être jugé. On contraire, on devrait vous accueillir.»

__________________
Gilles Julien, Vivre avec un enfant qui dérange, Bayard Canada, 175 p.

Source: http://www.cyberpresse.ca

Et quand «de l'aide» on n'en a pas (pas de famille ou de voisins «complaisants») et qu'on sait qu'alerter les services sociaux équivaut à les avoir «à ses trousses» jusqu'à ce que, «pour son bien» l'enfant soit placé ailleurs puis enlevé à sa mère, on fait quoi???




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Par Michaeliss - Publié dans : www.adoptionetmaternite
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Texte libre



« Les histoires des enfants abandonnés n'ont pas toujours le même déroulement  heureux (la maman qui revient, comme dans les fables), parce que, souvent, les mères s'en restent au loin et ne reviennent jamais plus en arrière. Soit elles souffrent comme des bêtes et se traînent alors dans une vie de remords. Ou bien elles effacent cette douleur, elles la rayent de leur vie et en recommencent une nouvelle, là où il ne s'est rien  passé, là où cette histoire n'a jamais eu lieu.»

Extrait de l'article « Elle avait abandonné son nouveau-né » - LA STAMPA – 9/11/2003



Tomber enceinte, c'est l'affaire de quelques secondes.
Décider d'avorter ou non, c'est l'affaire de quelques semaines.
Se préparer à devenir mère, c'est l'affaire de quelques mois.
Accoucher d'un enfant, c'est l'affaire de quelques heures.
L'élever, c'est l'affaire de toute une vie...

Et quand les rêves s'évanouissent? Quand 
«les joies de la maternité» se transforment en fardeau, voire même en enfer ??



www.maman-blues.org

Lire mon autre témoignage à ce sujet dans l'article intitulé:
"Faut-il accoucher pour être mère?"...


MON HISTOIRE 4

Octobre 2004
– Bien que n’ayant jamais cessé, de près ou de loin et, comme tout le monde, avec des hauts et des bas, de suivre l’évolution du combat des adoptés italiens pour le DROIT AUX ORIGINES, je décide, par solidarité avec eux, de repartir à l’attaque, de relancer le débat.  

Mon but premier ?
Voir «enfin» d’autres mères de naissance apparaître et prendre la parole sur le Web italien!
En effet, je ne comprends pas… Moi qui suis la moins maternelle de toutes, qui ne suis pas en souffrance, moi qui ai «oublié» mon enfant, du moins dans mon cœur, et qui ne me traîne pas dans une vie de regrets ou de remords, moi qui ne me sens «coupable» de rien, sinon d’avoir donné la vie à un être humain pour ensuite l’abandonner (je n’ai pas avorté par lâcheté, mais si la pilule du lendemain avait existé, je n’aurais probablement pas hésité longtemps), comment se fait-il que moi, mère indigne, je sois après 5 ans d’appels et d’attente, toujours la seule et unique mère naturelle à oser s’exprimer, à raconter, à réclamer un DROIT DE SAVOIR OÙ EST MA FILLE avant que «ne sonne le glas» ?? !
Il y a à tout cela un tel non sens, quelque chose qui m'échappe...


Je mets donc en ligne un site Internet bilingue français-italien. Forte de ma bonne connaissance des deux langues, je m’associe avec le site italien Astro Nascente auquel je propose de calquer le combat sur celui de la France, où une association de Mères dites «de l’Ombre» existe depuis plusieurs années déjà, en lui expliquant que le versant «mères» était le maillon fort de la chaîne, les mères détenant la vérité et tout le secret d’une naissance, que ABSOLUMENT TOUT partait d’elles et que ce combat ne prendrait réellement du poids qu’au travers d’elles. Et que seule une prise de conscience de leur part permettrait d’avancer.

Novembre 2004 – 15 jours avant la date anniversaire de ma fille (18/11/1982), l’inspiration me vient soudainement, et en un quart d’heure je rédige quelques lignes sous forme de «Lette ouverte à ma fille» que j’envoie aussitôt par mail et par lettre à la rédaction du quotidien italien «Il Secolo XIX» de Gênes, région où ma fille aurait été adoptée.

«Le hasard» (??) veut que ma lettre tombe dans les mains d’un journaliste qui semblait être concerné «de très, très, près par l’adoption» (j’ignore à quel titre, mais je peux m‘en douter…), et qui, 10 jours après, me sort un article d’une demi page, déballant à sa façon une bonne partie de ma vie.
 
Le vrai départ était donné, je ne pouvais plus faire marche arrière, il m’avait peaufiné une bonne carte de visite, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion. Quelques jours après, je suis contactée par la chaîne TV nationale italienne RAI2 qui veut «m’aider à retrouver ma fille» sous condition que je participe à Noël ou à Nouvel An à une de leurs très populaires émissions… Ce que, pour plusieurs raisons, notamment de santé, je dois (et je mentirais si je disais «malheureusement») refuser.
En fait, je crois que la journaliste s’attendait à se trouver en face d’une «maman en sanglots prête à tout pour retrouver son enfant»… Elle était plutôt mal tombée… Non, décidemment, tous me prenaient au dépourvu, tout allait trop vite, je n’étais pas prête, ni à affronter une caméra que déjà je déteste, et encore moins un public italien qui, rien qu’à prononcer le mot «maman», se met déjà à pleurer !

Octobre 2005 – Après 3 ans de traitement par vaccin (tous les mois la 1ère année, toutes les 6 semaines la 2ème, tous les 3 mois la 3ème), je suis en rémission complète. Mes 35 nodules sous la peau ont disparu, la science et mon moral ont réussi à me stabiliser…
Les médecins eux-mêmes n’en reviennent pas. «Vous ne finirez jamais de nous étonner» me disent-ils à chaque fois qu’ils me rencontrent dans les couloirs.
C'est vrai que je reviens de loin, oui, mais, pour combien de temps encore… ?

Insidieusement cependant, les effets secondaires ont fait des ravages. Mes forces et mes énergies diminuent d’année en année, la fatigue chronique est devenue le nouvel ennemi à combattre, mais - oh cercle vicieux ! - contre lequel je ne trouve plus la force de lutter, par manque d'énergie…
 
Fort heureusement, tous mes plaisirs, toutes mes passions sont chez moi, dont une bonne partie sur mon PC, ce petit bijou de technologie qui réunit des personnes d’un extrême à l’autre de la planète.
Désormais mon bonheur à moi est dans la liberté absolue, le silence et l’isolement. La solitude m’accompagne depuis le berceau, il m’aura fallu 50 ans pour apprendre à l’apprivoiser d’abord, à l’aimer ensuite: je me retiens donc maintenant une femme comblée, et après tout ce que j’ai passé, aussi terriblement chanceuse!
Car, oui, j’ai la chance d’avoir encore mes 2 jambes et mes 2 bras valides, d’avoir un petit emploi et un petit 28 M2 où vivre et me réfugier en paix, d’avoir encore mes 2 yeux pour voir, mes 2 oreilles pour entendre, et un esprit encore suffisamment lucide que pour pouvoir lire et écrire et exprimer toutes les choses que j'ai encore à dire.

Mais de quoi les adoptés se plaignent-ils donc toujours? N’y a-t-il pas une «limite» à leurs plaintes ou gémissements à respecter ? Je peux comprendre, soutenir, adhérer et compatir pleinement à la «blessure primitive» et à cette exigence profonde (pour certains d’entre eux) de vouloir connaître ses origines (à condition toutefois que cela ne rime pas avec «maman»), je peux me ranger aux côtés de ceux qui militent pour l’obtention de ce DROIT FONDAMENTAL de l’homme, mais je ne peux accepter l’obsession, les excès (ni «d’amour», ni de haine), le stade du mur des lamentations, de la «persécution» ou de la hargne contre les adoptants ou les institutions de l’État tels qu’on peut les trouver en certains endroits.

« OUI à l’adoption, NON au secret ! ». Nul n’est à l’abri d’un échec social ou familial, et ce n’est pas dans les familles adoptives que l’on retrouve les pires cas de maltraitance sur l’enfant, mais bien dans les familles biologiques.
 
Et les mères dans tout cela?
Pour moi la réponse est purement et simplement dans ces quelques lignes, claires et concises, écrites par un journaliste italien dans son article intitulé « Elle avait abandonné son nouveau-né » (LA STAMPA – 9/11/2003) - VOIR  PLUS HAUT -

Quant à la «bonne recette pour l’apaisement» des personnes adoptées, c’est sans doute au travers de ce témoignage d’un jeune adopté italien de 19 ans, actuellement en quête de ses origines, que j’ai pu trouver une des meilleures réponse à donner:

« L’important, c’est de SAVOIR. Ton histoire était déjà écrite, et tu sais où elle t’a menée, c’est juste que tu ne la connais pas: alors, découvre-la et puis, mets-la de côté ! »


Et entre Novembre 2004 et Novembre 2005, que s’est-il passé ?

Décembre 2004 - Je me place «en observation»: pendant des mois je découvre et je lis des témoignages de mères, d’adoptés (ou non) et d’adoptants français, je m’instruis, et je reste surtout la première étonnée devant ces histoires de mères victimes et dépossédées de leurs enfant, je n’imaginais même pas que de telles situations puissent exister!
Avec mon petit caractère, à leur place, tôt ou tard, je me serais probablement rebellée aussi… (bien que, pas sûr, j’aurais sans doute «cicatrisé» très vite…), mais certainement pas en m’entremettant dans la vie de mon enfant avant sa majorité, cette façon de faire me choque profondément! Je ne peux concevoir ce manque de respect envers la famille adoptive, sans compter le risque de nouvelle déstabilisation d’un enfant adolescent que l’on court.

Car, quelles qu’aient été les circonstances de l’abandon, à moins d’avoir subi un viol ou un inceste, la mère a quand même consenti à un rapport sexuel, et a donc toujours sa part de tort et de responsabilité à assumer.
 
Et puis, quel est le pourcentage de femmes dans leur cas? S’agit-il d’une petite minorité…, la grande majorité des femmes ayant, tout comme moi, depuis longtemps oublié et tourné la page? Où suis-je moi l’exception, l’extra-terrestre, la seule inhumaine au cœur de pierre??
Heureusement que l’actualité, les forum de discussion, les chiffres officiels publiés dans divers pays et les statistiques sont là pour me répondre et me rassurer!

Mais où sont donc toutes ces mères et ces enfants remplis d’émotion qui se tombent dans les bras l’un de l’autre au moment des retrouvailles?! Pourquoi la majorité des mères «s’enfuient-elles» lorsqu’elles sont retrouvées? Pourquoi faut-il déployer tant d’efforts de «médiation» et de moyens pour qu’une mère accepte de lever le secret sur son identité ou même simplement de se montrer? Ah, que c’est beau «l’immense et éternel amour maternel»!
Aujourd’hui plus que jamais, je reste donc convaincue que ce sont bien les mères au cœur déchiré qui forment l’exception. Et si vous parvenez un jour à me prouver le contraire, et bien, ce sera TANT MIEUX,  car ce sera alors le premier VRAI  grand pas vers la Victoire pour le droit aux origines !

Je m’étonne également de cette sorte de «discrimination» qui est souvent faite entre mères ayant reconnu (mais abandonné tout de même !) leur enfant, et mères ayant «accouché sous X» que l’on retrouve sur certains sites, tant français qu’italiens…
Pour celles qui souffrent, leur souffrance est-elle donc tellement différente ? N’est-il pas encore plus cruel et plus douloureux pour une mère qui tient à ses enfants de se les voir «enlever» après les avoir connus et élevés pendant plusieurs mois, parfois plusieurs années, plutôt que de se voir retirer un enfant qu’on a à peine ou même jamais entrevu à la naissance? Les femmes ayant accouché sous X ont-elles l’exclusivité du malheur et de la souffrance?
Et ce n’est pas parce qu’une femme a reconnu son enfant qu’on lui octroie le droit de le retrouver! 
Un enfant/adolescent/adulte ne recherche-t-il pas avant toute chose sa mère «biologique»? Ou bien à l’avenir devra-t-il aussi d'abord se préoccuper que sa mère ait bien accouché dans le plus strict anonymat sous peine de se voir «exclu du clan»? !
Bizarrement d'ailleurs, parmi les quelques rares mères ayant timidement osé «sortir de l’ombre» sur les forums italiens, 2 sur 3 sont des mères ayant reconnu leurs enfants. Tiens, tiens, seraient-elles plus aimantes, plus en souffrance, ou plus maternelles que les autres?!

LE MOT DE LA FIN...

Voilà pourquoi, bien que membre du bureau et solidaire de deux associations représentatives du combat pour DROIT AUX ORIGNES, et bien que souhaitant de tout cœur que ces adultes en recherche trouvent la maman (ou l'enfant) dont ils rêvent, je ne peux toutefois que continuer mon chemin et mon exploration toute seule, sous peine de blesser des tas de personnes dont, même avec la meilleure volonté du monde, je ne parviens pas à partager les sentiments.  

Pour ce qui est de la France, «l’accouchement sous X» n’est pas mon combat, le DROIT AUX ORIGINES, oui. Certains ont bien compris la nuance, d’autres pas. Pas grave, les premiers grandissent, les autres ternissent: bon vent à ces derniers.

Pour ce qui est de l’Italie, le gouvernement ayant, depuis juillet 2005, lancé une immense campagne de sensibilisation visant à faire connaître et à «promouvoir» l’accouchement anonyme, et vu la foule de réactions que cette annonce a suscité sur les adoptés – 0 sur près de 600 inscrits, tous «leaders» compris ! – il apparaît désormais plus qu’évident que la bataille est perdue d’avance, si elle a même jamais commencé !

La seule et unique qui ait réagit, c’est une mère «d’Origine», indigne, ayant reconnu son enfant, non maternelle et non en souffrance, et qui plus est, malade et étrangère… Allez donc y comprendre quelque chose…
Donc, côté italien, nous continuerons dorénavant à nous échanger de gentils petits messages de consolation… et à nourrir des tas de fausses espérances dans le cœur de centaines de personnes…

Mais, sur au moins un point, nous sommes je crois TOUS bien d’accord:
Oui, « l’accouchement sous X »  a encore de très beaux jours devant lui !




« L'idée d’avoir été abandonné(e) provoque de la souffrance, il est inutile de le nier. Chacun surmonte cela à sa façon, il y a ceux qui choisissent le détachement et ceux qui par contre veulent rencontrer leurs parents au moins une fois.
C’est aussi naturel que boire un verre d'eau.»
Journal Terredimezzo – Décembre 2004 - Italie



DROIT AUX ORIGINES

 POURQUOI CHERCHER?


Pour régler ses comptes avec le passé

Pour prévenir les maladies génétiques

Pour dire: « Oui, maintenant JE SAIS, et c'était
MON DROIT! »



10 novembre 2005 – Le témoignage de A… (Italie)

 
 

« J’ai depuis peu connu ma mère naturelle. Pour moi cela a été important même si cela n’a pas été la classique fable au grand beau final.

Cela a quand même été une expérience profonde qui m’a énormément changé. J’ai rempli beaucoup de vides que je portais en moi depuis 18 ans (j’en ai 30). Des choses qui peuvent sembler banales, pour moi, ont été une découverte: j’ai les yeux de ma mère, et aussi son sale caractère -:)) »…



 

 MAIS L’HISTOIRE NE S’ARRÊTE PAS LÀ POUR AUTANT…


NOVEMBRE 2005

 Un mois chargé d’émotions… de toutes sortes. 

18 novembre, date d’anniversaire de ma fille qui fêtera, joyeusement ou tristement (?) ses 23 ans, un événement incroyable se produit: j’aurais peut-être réuni un frère et une sœur, de la France à l’Italie. Nouveau miracle de la vie? Mais pourquoi juste en ces jours-ci, alors que l’annonce du frère était sur nos fichiers italiens depuis presque deux ans ?!! Quelle force mystérieuse m’a poussée à me pencher «soudainement» à nouveau sur ce cas que j’avais pris particulièrement à cœur il y a quelques mois?

 19 novembre, ce frère italien «retrouvé» fête aujourd'hui ses 32 ans, en larmes, après la découverte de sa supposée histoire que je viens de lui révéler. A l’autre bout du fil, en France, une sœur pleure de joie… 

22 novembre, c’est le nouveau verdict qui tombe: l’heure de la récidive tellement attendue et redoutée a sonné. Le cancer s’est propagé à la rate. Ma 6ème opération chirurgicale se prépare donc.

9 décembre, la sensation d'un destin qui devait s'accomplir s'accroît comme jamais auparavant: ce soir le téléphone a sonné... pour m'annoncer... que l'on avait retrouvé ma fille !  Pour l'instant, dans mon coeur et dans mon esprit, toujours aussi peu d'émotion, juste beaucoup d'appréhension pour le nouveau drame que cela pourrait déclencher dans la vie de cette jeune fille...  qui a cessé d'être ma fille depuis une éternité...



Vendu gratuitement sur le net

Un site d'enchères en ligne néerlandais (www.marktplaats.nl, l'équivalent batave d'eBay, situé à Emmeloord) a retiré mardi soir une annonce dans laquelle une mère se proposait de donner gratuitement son fils d'un an.
« Il n'a pas de maladie et je le donne parce que j'ai tant de soucis en tête et que je ne suis pas très bonne pour m'occuper des enfanst »,
selon le texte qui accompagne l'annonce.
L'auteur(e) se prétend être une mère de quatre enfants, victime du stress.
www.lesoir.be du 11 janvier 2006



PARLONS  "STATISTIQUES"...

16 décembre 2005 - Journal "Le Quotidien"

Région Saguenay/Lac-Saint-Jean (Québec-CA)

Voilà ce que démontrent les statistiques compilées par la directrice régionale du Mouvement Retrouvailles, Denise Boudreau. En ce moment, elle compte 700 dossiers ouverts dans la région.

De ce nombre,

12 % sont des dossiers de mères qui recherchent,

30 % ont été initiés par des hommes adoptés,

58 % par des femmes à la recherche de leur mère.



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QUI SUIS-JE ?

Une «mère», tout à fait indigne de ce nom, qui, il y a maintenant 23 ans de cela, a mis au monde (en Italie) une petite fille... alors qu'elle n'aurait jamais dû le faire.

Dans la situation où je me trouvais, pratiquement sans famille, sans travail et sans aucun diplôme pour pouvoir un jour décrocher un boulot stable, habitant isolée en campagne et sans plus de voiture, sans argent et endettée jusqu'au cou à cause d'un petit flat qui était "bien à moi" mais qui n'était payé qu'à moitié, c'était de la folie pure. 

Pas maternelle pour un sou, et n'ayant jamais désiré ni me marier ni avoir des enfants, je décidai toutefois de ne pas avorter, non pas par "moralité" ou par conviction religieuse, mais tout simplement par lâcheté, parce que j'avais une peur bleue de l'intervention et de me retrouver toute seule dans un hôpital pour accomplir ce terrible geste. Une étincelle d'instinct maternel s'était aussi réveillée en moi, et j'avais fini par désirer fortement cet enfant.

Mon "rêve" s'exauça: je voulais une petite fille, j'eus une petite fille... Et après avoir traversé mes mois de grossesse dans l'isolement total et dans une misère noire, je me retroussai les manches pour affronter du mieux possible les années de galère qui s'annonçaient devant moi…



Pourquoi est-il si difficile de faire «sortir de l'ombre» des mères (ou des pères) «biologiques» ayant, par le passé, abandonné ou donné en adoption un enfant ?

Tout être humain a LE DROIT de connaître ses racines, l’histoire de sa naissance.

Les enfants (devenus adultes) adoptés se regroupent par centaines partout dans le monde pour tenter de retrouver leur mère naturelle, mais ces parents «d'origine», eux, continuent de faire la sourde oreille...


Depuis 6 ans, j'essaie de comprendre POURQUOI ?

Donc, mères ou pères de naissance, si le sujet vous intéresse, contactez-moi

(Lien "contact" tout en bas de la page).  Merci.




« Aujourd'hui, comme hier, malgré la grossesse, des dizaines de milliers d'enfants sont abandonnés et maltraités. Par ailleurs, le fait que l'enfant coûte parfois tant, physiquement et moralement, à la mère, n'est pas sans répercussions négatives. Certaines femmes détestent leur enfant pour cela. Vous voyez, ce n'est pas simple.»
(Henri Atlan)



En 2000, 3.393 bébés de moins d'un an sont morts en France. Les trois quarts de ces morts relèvent de deux causes: le «syndrome du bébé secoué» et la mort à la naissance par asphyxie, noyade ou abandon sans soins… Toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées.
Rapport Inserm 2005


 
«Quelque 2.000 enfants démunis souffrent de ne pouvoir s'accrocher à aucun foyer déterminé. Pour prendre la véritable mesure du phénomène, il suffit de rappeler qu'il y a quelque 15 000 enfants «placés» par année au Québec...»

Les dilemmes de la protection de la jeunesse

L'adoption est-elle la meilleure solution ?


«Il faut abandonner cette espèce de droit biologique des parents dits naturels... On n'en a rien à foutre d'un parent qui a mis au monde un enfant et qui ne s'en occupe pas. Il faut passer à une nouvelle modernité contemporaine de la famille!»

(Dr J.-Fr. Chicoine de l'Hôpital Sainte-Justine - Québec)
Source: www.ledevoir.com

«Jusqu'à quand laisser à des parents biologiques la tâche de prouver qu'ils peuvent être des parents ?»

Tout le dossier sur S-O-S-AbbandonoeAdozione



MON HISTOIRE 3

Parallèlement cependant, une autre vie, «virtuelle» cette fois, allait lentement se développer. L’Internet allait m’ouvrir de nouvelles portes...

Août 1997 (J’ai 48 ans)- Le diagnostic tombe: mélanome malin, stade avancé.  Pour la première fois de ma vie, je me vois contrainte et forcée de me faire prendre en charge par l’État, belge, cette fois, le destin m’ayant étrangement «poussée» à regagner ma ville natale (Bruxelles).
Je ne réalise absolument pas le danger que je cours, et je me retrousse les manches. Bien que «minimexée» (équivalent du RMI en France), je parviens à m’acheter un tout vieil ordinateur d’occasion et à m’inscrire à une formation sociale pour faire mes premiers pas en informatique.
Déterminée à vouloir m’en sortir à tout prix, je commence tout doucement et péniblement à remonter, «une nouvelle fois» la pente.

Février 2000 – J’ai enfin pu m’acheter un «vrai» ordinateur relié à l’Internet, et je me demande ce que je vais en faire, ce que je suis venue y chercher. Quelle recherche faire, de quoi…?  Ou si…? Peut-être, plutôt, «QUI» rechercher ?? !

Car, instinctivement, la première pensée qui me traversa alors l’esprit fut: «Et si j’essayais de lancer un appel pour retrouver ma fille?».
Mon tout premier mot-clé rentré dans un moteur de recherche fut: « ADOPTION ». Et, quelques jours après, mon tout premier message: «Je recherche ma fille, née le…».

Je me fais immédiatement «récupérer» par une jeune fille qui me redirige vers un groupe de discussion italien intitulé «Enfants adoptés et Parents naturels». Je place également une annonce sur le registre d’un autre site de recherches en ligne, appelé ASTRO NASCENTE.

Mars 2000 – Je découvre les premiers témoignages des enfants adoptés en quête de leurs  origines. Leurs cœurs se gonflent d’espoir car je suis la toute première «maman» à apparaître sur leur site. Je raconte mon histoire, je découvre «leurs vides», leur chagrin, la profondeur de leur blessure, que, bien sûr, je comprends (cela me paraît évident que grande souffrance il y a lorsqu’on est abandonné par sa mère). Mais je découvre aussi des réactions qui me laissent terriblement perplexe : sens de culpabilité (comment un enfant peut-il se sentir responsable du geste de sa mère?), rancœur, haine parfois, ou, au contraire, messages d’amour à leur «vraie maman» (comment est-il possible d’éprouver de «l’amour» pour une personne qu’on n’a jamais vu ni connu dans sa vie?), sacralité des liens du sang, des «9 mois passés ensemble», recherches qui tournent à l’obsession…

Et là je ne comprends plus du tout... N’y a-t-il pas un stade où il faut pouvoir se résigner, tourner la page, se rendre compte de la chance qu’on a d’avoir pu être adopté et sauvé d’une vie misérable?
Toutes ces personnes qui écrivent aujourd’hui derrière un PC ont une vie normale, une famille, un foyer, un(e) conjoint(e), des enfants, un travail, une voiture, une seconde résidence à la mer ou à la montagne, des vacances une ou deux fois par an, de quoi donc se plaignent-elles?
Bien sûr que l’argent ne fait pas le bonheur...Quand on ne s’est jamais retrouvé à la rue, sans travail et sans PERSONNE à qui demander de l’aide, quand on n’a jamais manqué de rien c’est tellement facile à dire!

Août 2000Première récidive, le premier ganglion est atteint. 2ème intervention chirurgicale,  nettement plus lourde cette fois. Mais je n’ai toujours pas pris réellement conscience du danger et de la rapidité avec laquelle la maladie peut de propager. Je reste confiante.

Mai 2001 -  Un bref séjour en Italie. J’y rencontre 3 personnes adoptées italiennes: j’ai devant moi des personnes équilibrées, heureuses, épanouies. Je n’ose pas leur dire que jamais je n’ai pensé à ma fille le jour de son anniversaire, que je ne pleure plus sur cet épisode du passé, que je ne souffre pas le moins du monde de cette séparation forcée de ma fille, que «ce qui est fait est fait» et que se ronger intérieurement ne sert à rien sinon à se faire du mal à soi-même...

Je me rends vite compte qu’un mur nous sépare, et que mes paroles pour eux sont dures à entendre. Je me dis toutefois que si tant d’enfants adoptés souffrent en silence de leur abandon, ma fille doit sûrement en souffrir aussi, et que bientôt, tout comme moi, par le biais de l’Internet, elle aussi se mettra à ma recherche, qu’elle voudra sûrement me connaître, savoir les raisons qui m’ont contrainte à ce geste, connaître son histoire, ses origines, savoir qui est son père… Car, j’estime que c'est SON DROIT le plus strict et qu’il est de MON DEVOIR de lui laisser «au moins cela» avant de m’en aller pour toujours.

Mais cette prise de conscience de ma part n’est survenue que grâce à l’apparition de l’Internet dans ma vie au quotidien. Sans cela, jamais je n’aurais songé à entamer une recherche. L’adoption étant un acte irréversible, je pensais en toute sincérité et ingénuité qu’il en allait de même pour l’enfant, que passés les premiers traumatismes du changement, il faisait le deuil de son abandon, et que la sérénité prenait finalement le dessus sur la tristesse.

… Plus de 5 ans ont passé depuis mon premier appel à ma fille. Je l’attends toujours, par le biais de la magie du Web, mais je n’ai toujours pas effectué la moindre recherche active, je n’en ressens pas le besoin, et surtout, je ne m’en sens pas le droit ni vis-à-vis d’elle, ni vis-à-vis de ses parents adoptifs.

D’ailleurs, aux mamans qui, sur les forums italiens, recherchent désespérément leur enfant, je réponds toujours:

« Mais ce sera quand même toujours à ton enfant, et à personne d’autre, de décider s’il voudra ou non t’accepter dans son coeur. Petit, il n’a pas pu choisir, maintenant qu’il est grand, pouvoir choisir, c’est SON droit. »

Pour ma part j’ai cessé d’être mère le jour où j’ai, avec au moment même un immense chagrin, laissé ma fille à d’autres, où j’ai renoncé à assumer plus longtemps mes responsabilités. Pour moi, la vraie mère est celle avec qui on a tissé des liens d’amour et d’affection tout au long d’une vie, et non pas celle qui a accouché.

(Ai-je répondu à vos attentes chère Madame Luisa Forti ?)

VOIR PAGE D'ACCUEIL: lettre ouverte à ma fille du 17 novembre 2004




Ni la grossesse ni l’accouchement ne sont pour moi des souvenirs heureux, loin de là… Je les ai donc, avec tout le reste, rapidement effacés de ma mémoire.

Maintenant, tout ceci ne veut pas forcément dire que «SI» un jour je devais la retrouver, je ne craquerais pas… Peut-être ce jour-là toute la déchirure du passé remontera-t-elle à la surface?
Je l’ignore, j’ignore complètement quelle sera ma réaction face à elle. Sans doute cela dépendra-t-il aussi fortement de sa propre réaction et situation... Heureuse ? Malheureuse ?

Une chose est certaine: la rancœur, les méchancetés ou les reproches seront très mal reçus, elle a intérêt à ne pas me braquer, car à s’en prendre plein la figure, hélas, ce sera elle, pas moi...
Après tant d’années de d'observation et de réflexion à ce sujet, j’en suis d’ailleurs encore et toujours au stade de me demander s’il ne vaudrait pas mieux qu’elle ne cherche jamais à me connaître ni à
«savoir» la vérité... Car, TOUTES les vérités sont-elles bonnes à dire et à entendre ? Malgré les centaines de témoignagnes que j'ai pu lire sur de multiples forum, j'en doute toujours, et même très fortement...

Il est évident que seule une profonde maturité et une grande ouverture d’esprit de sa part pourront éventuellement rétablir une relation mère-fille entre nous. Et que pour moi, au plus les années passent, au mieux c’est.

Septembre 2001Deuxième récidive. Le foie est atteint. Là, enfin, je réalise… Le ciel me tombe sur la tête. Je me vois morte et enterrée endéans les 6 mois, la panique s’empare de moi…

C’est terrible de n’avoir personne à qui laisser les choses qu’on aime, les quelques rares souvenirs de famille, de ne même pas pouvoir faire un testament parce qu’on ne sait pas à qui léguer quoi… C’est à ce moment-là que je me rends compte combien il serait important pour moi aussi de pouvoir transmettre un quelque chose, un reste de moi à ma fille…

Les médecins tentent quand même l’opération, et me sauvent provisoirement la vie. Un anti-dépresseur me sauve le moral. Je dévore à nouveau la vie à pleines dents, je me replonge corps et âme dans le travail, mes collègues sont chouettes, cela m’aide beaucoup.
 
Comme pour l’abandon de ma fille, oublier son mal, ne pas y penser, c'est le meilleur moyen d’y remédier.
Paradoxalement pourtant, le seule douleur qui, chez moi, même 20 ans après, «ne passe pas», c’est la mort de ma mère… Jamais je n’oublierai cet écrasant sentiment «d’abandon total» que j’ai éprouvé à ce moment-là…  Mais sans doute aussi, parce qu’à 33 ans, plus personne n’était là pour m’adopter...
Comme quoi on peut ne pas partager du tout les mêmes émotions «d’enfant à mère» que «de mère à enfant»… Et que «l’illusion d’une réciprocité» peut par conséquent faire beaucoup de mal...

Janvier 2002 – On tente un nouveau vaccin censé bloquer le développement des métastases. Je sers de cobaye, je suis dans le «premier groupe». Bilan de santé tous les 2 mois, je passe la moitié de mon temps dans les hôpitaux. Les examens, l’angoisse des résultats…
Comme pour toute chose, abandon compris, «seul qui est passé par là peut comprendre»…

Mais le traitement échoue.

Mai 2002Troisième récidive. Les  yeux sont atteints, une métastase dans chaque œil… On me prépare déjà à devoir perdre la vue, on me parle déjà de «prothèses»…  Je m’imagine déjà… Seule au monde, sans personne pour m’aider, aveugle, en mutuelle avec 600 € par mois pour survivre, clouée toute la journée dans un fauteuil sans pouvoir rien faire sinon à attendre de mourir, lentement mais sûrement, de mon cancer…

Etrangement pourtant, je ne panique pas, je n’y crois pas, je me dis que ce n’est pas possible qu’une chose pareille m’arrive…

Et effectivement, le miracle se produit à nouveau: un chirurgien extraordinaire accomplit un véritable exploit médical, il parvient à me sauver les 2 yeux, même si pour lire et écrire un des deux est dorénavant à moitié condamné. Mon cas est d’ailleurs cité lors d’un congrès scientifique d’ophtalmologie.

Septembre 2002 -  Le répit aura été de courte durée. Tout mon corps s’est rempli progressivement de métastases sous-cutanées, des «boules» sous la peau de toutes les dimensions me sortent de partout, de la tête aux pieds, parfois 6 en l’espace d’une nuit… Après 13 biopsies pour enlever les premières, la chimiothérapie s’avère cette fois inévitable, «ça urge» même…

Mais l’anti-dépresseur fait toujours son effet. J’affronte cela haut la main, avec un moral de plomb; entre un cycle et l’autre je trouve même la force d’aller travailler un peu. Trois semaines après mon 3ème cycle, je reprends le travail à plein temps.

Je réclame aussitôt un nouveau vaccin, car étant un sujet désormais «hors protocole» (vu que l’invasion métastatique avait commencé), il ne pouvait plus m’être attribué qu’à titre «compassionnel», dit humanitaire.
Je me retrouve alors à nouveau dans «un groupe de tête », ce vaccin n’ayant jamais été expérimenté sur quelqu’un à un stade avancé comme le mien…


SUITE DANS LA COLONNE DE GAUCHE...




15 décembre 2005 – Italie –  Quotidien "Il Messaggero"

http://ilmessaggero.caltanet.it

 

UNE SOMALIENNE REJETTE SA FILLE, FRUIT D'UNE VIOLENCE

Elle s’en est occupée pendant 10 longs mois, mois durant lesquels elle a mûri son choix d'abandonner sa petite fille conçue sous la contrainte. Et elle lui a dit adieu.

Ainsi une jeune et belle somalienne de 19 ans a motivé hier soir sa décision de renoncer à sa fille. Accompagnée de sa soeur et d'une amie italienne, elle s'est présentée au Tribunal des Mineurs. "Je ne la veux plus, je ne l'aime pas. Je veux la donner en adoption", a-t-elle expliqué.

Une brigade du commissaire Castro Pretorio est aussitôt arrivée sur place, les agents ont essayé de la faire raisonner, mais il n'y a rien eu à faire.




PRESSE ITALIENNE

Traduction française de l’article paru en septembre 2005 sur le journal La Repubblica

  
LES GRANDS TITRES
 

La proposition arrive après les faits récents de nouveau-nés tués et jetés dans un conteneur d’immondices, 3 cas en quelques jours.

 

Des «fenêtres à bébés» déjà ouvertes à l’étranger

Le Président (de l’institut) des Innoncents (situé à Florence) : "Nous ne pouvons pas rester les yeux fermés"

 
300 les abandonnés

Sur base des données de la Commission pour l’Égalité des chances, 300 nouveau-nés sont retrouvés chaque année, « morts ou vifs »

 

+ 10% l'augmentation

En 2002, on dénombre une augmentation des abandons de 10% en 5 ans. La Sicile, suivie de la Lombardie, détient le record.    

 


UN PEU D’HISTOIRE


Les lieux
Depuis l'antiquité existent des lieux où abandonner les nouveau-nés. Dans la Rome antique, au pied de la « colonne lactaria » (*)

« La roue »
Faite «à mesure de nouveau-né» pour éviter l'abandon d'enfants plus grands, elle apparaît dans les années 500

Les enfants trouvés
Les noms inventés pour les enfants trouvés rappellent leur origine. Innocenti se rapporte à la Toscane, Proietti à Rome, Esposti à Naples.

Les années 700
Des pics d'abandons ont eu lieu dans les années 700, parallèlement à la révolution industrielle et à l'entrée des femmes dans le monde du travail.

L'abolition
L'adieu à « la roue » date de 1875. Récemment, dans plusieurs pays européens, des « portiques appropriés » ont fait leur apparition à l’extérieur des hôpitaux



(*) Située dans les catacombes romaines, près de l’actuel Théâtre de Marcello, et où l’on trouve un grand nombre de tombes d’enfants




Nombre visiteurs uniques depuis la mise en ligne,
le 14 décembre 2005.


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