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Mardi 21 mars 2006
"Marié à une Tahitienne qui a abandonné ses enfants âgés de 1 et 3 ans, pourrait-on poser la question aux femmes sur le plateau, qui ont fait la même chose, d'expliquer comment, après avoir porté ces petits êtres, elles peuvent effecer de leur mémoire ces instants qui sont si beaux? (grossesse, accouchement,...)
Mon ex-épouse a abandonné ses enfants, je le précise, parce que les élever ne permettait plus de "s'amuser"!!!
Je n'ai aucune haine contre elle, ça fait 11 ans qu'elle est partie, elle n'a jamais cherché à revoir son fils et sa fille, elle n'a envoyé que 3 cartes postales les deux premières années.
Je pense pour autant (et je me suis battu pour cela), que les enfants doivent se faire une idée seuls. Je me refuse à leur interdire d'écrire (téléphoner est plus dificile vers Tahiti, en raison du coût). Ils verront plus tard quelle suite donner à l'attitude de leur mère.
Merci d'avance si cette question peut être posée, cet ou ces avis sont importants pour m'aider à comprendre un peu et expliquer ensuite un peu mieux à mes enfants."

Un témoignage relevé sur le forum de l'émission "Ça se discute, Jour après Jour"
(Septembre 1999 - Voir plus loin)




Je ne crois pas aux liens du sang, pour la bonne et simple raison que...


Avant ma fille, j'ai eu un autre enfant... Un garçon ("accidentel" lui aussi, mais que j’ai tout fait pour garder, défiant même ma mère, simplement parce que j'étais amoureuse du père, un italien rencontré en vacances), que j'ai eu, à Bruxelles, à l'âge de 26 ans, et pour lequel, une fois né, je n'ai pas ressenti grand-chose non plus. Sans doute est-ce dû au fait que je ne m’en occupais pas beaucoup et que, étant seule et travaillant la nuit, je devais forcément le confier à des crèches privées ou à des familles d’accueil. Il a finalement suivi le même chemin que ma fille.
Vers ses 4 ans, suite au peu d’intérêt que je semblais porter à mon enfant, les services sociaux s'en sont mêlés, et ils me l'ont enlevé pour le donner en adoption. Je n’ai ni lutté, ni rien fait pour contester. Ma mère, qui ne s’en occupait guère plus que moi (car pas trop, trop, maternelle elle non plus et aussi trop prise par son travail et autres obligations ou loisirs), a juste tenté de pouvoir en assumer la tutelle, qui lui fut toutefois refusée. Pour ma part, je n’ai jamais été convoquée ou interrogée par personne, pas d’entretien avec qui que ce soit, pas l’ombre d'un psy ou d’une assistante sociale. Il est vrai que j’appartenais à une famille aisée, donc ce n’était pas leur problème…

La seule différence entre ces 2 adoptions, est qu'avec la loi belge qui garantit le droit aux origines, ma mère, de son vivant, avait en revanche été autorisée à rencontrer son petit-fils quelques fois par an, et donc, je sais tout sur lui, son nouveau nom, prénom et adresse, le genre de famille qui l'a adopté... ... mais je ne me suis jamais intéressée de savoir quoi que ce soit, comme si tout cela ne me concernait déjà plus… Et plus que probablement, lui aussi sait tout sur moi, du moins sur ses origines et le début de son histoire... Il n'a qu'à ouvrir un bottin téléphonique pour me trouver (il n'y a que moi à Bruxelles avec mes nom et prénom), je suis de retour en Belgique depuis 9 ans, et je n'ai jamais eu signe d'une tentative de recherche de sa part.

De mon côté, ce fils n'a jamais vraiment compté ni existé pour moi, c'était une erreur, voire même une folie, de jeunesse, un accident de parcours, un acte de complète immaturité et irresponsabilité, un caprice de petite fille: c'était devenu «à la mode» d'être fille-mère à cette époque-là, j’étais fière de pouvoir aller me promener, moi aussi, comme toutes mes copines, au parc ou en ville avec mon landau et mon poupon.
Mais, bien qu’habitant juste à côté de la crèche, je n'allais que rarement le voir, je payais les frais pour qu'il ne manque de rien, mais devoir aller le chercher les après-midi ou le week-end m’embêtait plus qu’autre chose. Car sur le plan affectif, je pense qu’il ne s’est jamais créé de lien réel entre lui et moi, et lui-même d'ailleurs ne semblait guère bien me connaître: je venais, je partais, on se séparait sans problème ni scènes de pleurs, moi je n’éprouvais pour lui ni amour particulier ni indifférence, notre relation se vivait tranquillement, ni plus ni moins, comme si cela était tout simplement normal. Mais je ne me rappelle pas avoir jamais serré cet enfant très fort dans mes bras; il faisait dorénavant partie de ma vie puisque je l'avais voulu, oui, mais je ne l’ai jamais ressenti comme «une partie de moi», et je n’ai gardé que très peu de souvenirs de lui… Juste ces bizarres petits coups de pieds dans le ventre, le terrible mal au dos des derniers mois, les horribles et insupportables douleurs des contractions qui durèrent deux jours, et le fameux «merde!» que ma mère proclama en salle d’accouchement lorsqu'on lui annonça que c’était un garçon!
Et puis aussi…, ces pleurs, ces hurlements qui n’en finissent pas et dont on ne comprend pas la raison, ces pleurs épouvantables qui me rendaient à moitié folle...
Des joies, des émotions intenses, du bonheur, des souvenirs heureux ou plaisants? Rien dont je me souvienne… Il était sage, facile et bien réussi, oui, de cela j’étais fière…

Quand on me l'a enlevé (après quand même une tentative de ma part de le «soustraire» aux services sociaux en l’envoyant séjourner plusieurs mois en Tunisie, dans la famille de mon «fiancé» du moment - un splendide mâle aux yeux verts, mais qui vivait à mes crochets!...), j'ai quitté la Belgique pour recommencer une autre vie ailleurs et tourner définitivement la page sur le passé, mais surtout sur la vie débridée que je menais.
J'ai oublié ce fils très rapidement, en moins d’un an, et depuis, je n'ai pratiquement plus jamais pensé à lui, à aucun Noël ou jour d'anniversaire sa pensée ne m'a plus traversé l'esprit. Et d’ailleurs, pourquoi aurais-je dû être triste? La vie me souriait à nouveau et j’en profitais au maximum, j’avais à peine fait un gros héritage, j’étais jeune, belle et courtisée, j’avais réalisé mon rêve – aller vivre en Italie sur la Méditerranée – tandis que lui grandissait heureux et serein avec des frères et sœurs, sans donner le moindre signe de souffrance ni créer le moindre problème... Il était sûrement mieux là où il était qu'avec moi.
Mais aussi,
«JE SAVAIS» OÙ IL ÉTAIT ET QU'IL ÉTAIT EN BONNES MAINS....

Et aujourd'hui, (25 ans après), je n'éprouve toujours pas la moindre envie de le revoir. Pour moi cet épisode fait partie d’un très lointain passé qui ne semble même plus m’appartenir, c’est une affaire classée depuis longtemps, un dossier enfoui sous des tonnes d’autres souvenirs beaucoup plus marquants et importants. S'il devait un jour me contacter, je l'accueillerais gentiment et surtout avec curiosité, mais comme un simple étranger, ni plus ni moins, je lui donnerais les explications qu'il attend, mais je doute très fort que mon coeur se mette à battre d’émotion, tout comme je doute fort que s’entendre raconter tout ceci puisse lui être d’un grand réconfort...

À différence de ma fille pour qui, 7 années après, j’ai dû vraiment lutter toute seule – peu de temps après sa naissance, je perdais ma mère, mon seul et unique point de repère –, que j’ai tenue de longues périodes avec moi - créant ainsi inévitablement des liens d’attachement -, et pour qui, pendant 4 ans, je me suis réellement arrachée les cheveux de la tête afin de trouver des solutions à notre situation, l’idée de l’abandonner ne m’ayant JAMAIS effleurée un seul instant.

À différence de ma fille donc pour qui je me suis beaucoup plus tracassée quand elle m’a été retirée, parce que je tremblais à l'idée qu’on ait pu l’enlever d’une famille pour la placer dans une institution. J’avais perdu toute trace d’elle, je n'ai jamais eu la certitude qu'elle ait été aussitôt adoptée, je ne sais pas si elle est "bien tombée" ou pas, et c'est, entre autres choses, surtout cette INCERTITUDE qui a fait la différence.
Et non pas «l’amour» que j'éprouve pour mon enfant.

Ce qui, à différence de mon fils, nous a unies plus profondément, c’est essentiellement le fait que nous avons partagé un fameux bout d'histoire ensemble … et non pas «les liens du sang»...
Je ne suis jamais «tombée amoureuse» d’aucun de mes deux enfants, ni pendant la grossesse, ni après l’accouchement, ni après leurs premiers mois de vie… Jamais il ne m’est venu à l’idée de bercer mes enfants dans mes bras ou de leur dire «je t’aime mon bébé»...


À ce jour, 10 janvier 2006, date à laquelle pour la toute première fois, je confesse publiquement ce second «abandon», je suis en possession des adresses de mes deux enfants…

... Et, passée la secousse des premiers jours qui m’ont soudainement mise face à cette double révélation, dans ma vie rien n’a changé…

Je suis contente de SAVOIR, d’avoir des CERTITUDES, mais l’idée de devoir entrer en contact avec ce fils (et je peine d’ailleurs à prononcer ce mot, ne l’ayant jamais ressenti comme tel) me dérange plus qu’autre chose; je n’en vois pas la nécessité puisque je n'éprouve aucun sentiment pour lui et que lui-même ne me cherche pas, alors que depuis 12 ans il en a la possibilité.

Je suis contente et rassurée de SAVOIR AVEC CERTITUDE où se trouve ma fille, et je compte, pour l'instant, essayer de la suivre dans l’ombre et à distance, mais je n'ai guère envie d’aller lui bouleverser sa vie une nouvelle fois pour retourner nous replonger toutes les deux dans un monde de vieilles souffrances que, elle autant que moi probablement, avons eu tant de mal à cicatriser.

Mais il n'en reste pas moins vrai que mes enfants sont complètement sortis de ma vie depuis longtemps et qu'ils n'y ont plus leur place en tant que tels.

Une réunion dans de telles circonstances est-elle souhaitable ?


Mais aussi... Suite à mon histoire, deux grandes interrogations se sont imposées à moi avec évidence, la première étant :


La suite se trouve dans l'article intitulé:

Les liens du sang "parlent-ils" vraiment?



 Et les adoptés, eux qu'en pensent-ils?


10 avril 2006 - Témoignage de B. - Italie

"Réflexions d'une adoptée, d'une parmi tant d'autres...

Je m'étais posée, moi aussi, des questions sur la femme qui m'a mise au monde, j'ai pensé aussi au fait qu'elle ait pu être contrainte à me laisser là, mais 30 ans après... Je ne sais vraiment pas comment je réagirais, je ne lui en veux pas maintenant que je ne sais toujours rien d'elle, comment pourrais-je lui en vouloir en sachant qu'on l'a contrainte...

Le problème c'est que j'ai une vie bien à moi et que je ne sais pas comment je l'accepterais... Je m'explique: je ne la verrais pas comme une maman... Est-ce que j'aimerais la fréquenter? De prime abord, je te dirais que non, je ne sais en tout cas pas si je la ferais entrer dans ma vie. Je suis curieuse, mais je n'éprouve aucun sentiment envers elle. Sans doute par rapport aux autres est-ce pour cela que je n'en fais pas une maladie quant à connaître ou non mes origines biologiques..."

11 avril 2006 - Témoignage de S. T. - Italie

"Si, vers mes 18-19 ans, ma mère biologique avait brusquement surgit du néant, je ne l'aurais pas acceptée, pas plus d'ailleurs, je crois, qu'à 25 ou 30 ans...
Simplement parce que ce n'est pas facile d'accepter l'arrivée ravageuse de sa présence dans ma vie accompagnée d'une tout aussi dévastatrice réapparition à surprise, à un moment où je m'y attends le moins...

Je l'ai cherchée, moi, quand je pensais être prête, quand je pensais pouvoir trouver les mots justes, quand je rêvais d'une belle fable...
Mais une fois retrouvée, c'était elle qui n'était pas prête...
En réalité, aucune des deux ne l'était, j'ai fait chavirer tant ma propre vie que la sienne! Confrontée à ma "réincarnation", elle s'est retrouvée en face d'une situation, d'un retour d'émotions fortes et douloureuses... et cela n'a rien eu de "fantastique"!
Dans mon ingénuité, j'ai pensé qu'elle ne voulait vraiment pas de moi.

La réalité est que personne n'est jamais prêt pour une telle rencontre, personne ne peut prévoir ce que l'on va ressentir...

Donner des conseils n'est pas facile, mais je pense qu'à ta place
( - celle d'une mère biologique qui vient de trouver les coordonnées de sa fille maintenant âgée de 18 ans et demi -) en tant que mère, j'aimerais d'abord savoir si elle parle d'adoption autour d'elle, si elle est en demande, si elle est confiante dans la recherche de sa maman, si à l'école elle en a parlé avec quelqu'un (amis, voisins, enseignants...); peut-être fréquente-t-elle avec ses parents des groupes de familles adoptives où on discute des problématiques liées à "ce passé obscur"...
Je l'observerais sans doute en silence en essayant de comprendre si elle a besoin de moi comme réponse à ses questions...
Mais si je la découvrais sereine, j'attendrais avant d'aller frapper à sa porte. Elle te cherchera quand elle sera prête, de cela seulement je suis sûre, parce qu'on ne peut pas vivre éternellement sans obtenir certaines réponses!

Tu as trouvé ta fille, et tu te sens prête. Maintenant, tâche de savoir si elle l'est..."



Note de l'auteur:

Suite aux réactions que j'ai pu lire sur certains forums ou dans certains messages reçus en privé, je m'aperçois que très peu de gens ont compris le sens de ma démarche; je voudrais donc apporter quelques éclaircissements.

Les sujets traités et les questions soulevées dans ce blog sont en relation avec le thème de la quête des origines des personnes qui ont été adoptées et à qui certains sites et associations bourrent le crâne de faux espoirs, de vaines illusions quant à «tout l'amour» que leur «maman» naturelle leur porte... Alors que chaque jour dans le monde des milliers de femmes abandonnent, maltraitent ou vendent leur(s) enfant(s). Et semblent s'en remettre très bien, puisque sur tous ces sites qui, avec l'arrivée d'Internet, leur offrent maintenant une possibilité de retrouver leur progéniture, elles brillent principalement... par leur absence!!!

Je voulais donc dire: halte à l'hypocrisie. Aucune femme n'abandonne son enfant avec plaisir, c'est TOUJOURS sous la contrainte de quelqu'un ou (aussi sous l'emprise de...) de quelque chose, mais le temps efface tout, et les femmes qui ne s'en remettent jamais ont généralement été victimes d'un enlèvement «organisé et légalisé» de leur enfant, ce qui explique le profond sentiment d'injustice et de frustration qu'elles développent par la suite. Mais celles-ci constituent l'exception et non la règle! Oublier, faire table rase de ses souvenirs plus ou moins douloureux, est une force et une nécessité, rester à pleurer sur son sort ou sur son passé n'a jamais fait de bien à personne.

Je sais que mon histoire et les messages que j'essaie de faire passer ne sont pas faciles à avaler, mais au moins c'est franc et sincère, pas de fausse culpabilité: je suis soulagée de savoir mes enfants en bonnes mains plutôt que de les avoir entraînés avec moi dans ma misère et dans ma débandade, est-ce si diffcile à comprendre...? Je suis heureuse d'être seule, je considère les enfants comme un véritable esclavage surtout en tant que mère célibataire. Avec l'amour et le soutien d'une famille ou d'un homme, les choses auraient sans doute pris une autre tournure, mais le destin en avait décidé autrement pour moi, et c'est très bien comme ça. Je défends aussi l'idée que les liens d'affection priment de loin sur les liens du sang, que nous sommes le fruit de l'amour et de l'éducation que nous aurons reçus tout au long de notre enfance et non pas d'un ventre qui nous a nourri et porté pendant quelques mois. Quel meilleur exemple d'ailleurs que les mères porteuses qui, pour moi, sont la représentation parfaite de ce que je tente d'exprimer: un autre sujet que j'aimerais pouvoir développer si j'avais le temps...

En revanche, je condamne haut et fort l'anonymat! Les temps changent, les mères et les enfants grandissent. Personne ni aucune institution au monde ne devrait avoir le droit d'empêcher qu'un contact se rétablisse un jour si tel est leur désir. La mère a le devoir d'assumer une rencontre et une reconnaissance des faits si l'enfant qu'elle a mis au monde en exprime le souhait (ce qui ne l'autorise pas à faire brutalement irruption dans sa vie), tout comme l'enfant doit pouvoir assumer le fait que sa mère ait oublié «cet épisode de sa vie» depuis longtemps, qu'elle ne pleure pas de désespoir ou ne souhaite pas le revoir. Si vous n'êtes pas prêts à cela, mieux vaudrait sans doute ne pas chercher. Rechercher, c'est à ses risques et périls.

Par mon histoire, je voudrais que ces «enfants» réalisent que le plus dur ce n'est pas toujours d'apprendre qu'on est le fils d'une religieuse violée ou consentante, d'un inceste, d'une malade mentale, d'une prostituée, d'une droguée ou d'une criminelle quelconque. Le plus dur, c'est d'accepter la banalité de la situation: pas de drame, pas de rapt, pas de téléréalité, mais une simple erreur de jeunesse et de jugement, un banal manque de maturité, de sens des responsabilités accompagnés d'un banal manque de moyens financiers ou aussi de capacités affectives pour faire face à un aussi lourd engagement à vie.

Rien de plus ni rien de moins que les millions de jeunes filles et femmes qui, à notre époque, avortent chaque année dans le monde. Certaines (une minorité) en restent traumatisées, mais la plupart en ressortiront soulagées d'un grand poids... Et quelques mois plus tard retourneront coucher avec Pierre, Paul ou Jacques...

Bonne réflexion.


Par Michaeliss - Publié dans : www.adoptionetmaternite
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Texte libre



« Les histoires des enfants abandonnés n'ont pas toujours le même déroulement  heureux (la maman qui revient, comme dans les fables), parce que, souvent, les mères s'en restent au loin et ne reviennent jamais plus en arrière. Soit elles souffrent comme des bêtes et se traînent alors dans une vie de remords. Ou bien elles effacent cette douleur, elles la rayent de leur vie et en recommencent une nouvelle, là où il ne s'est rien  passé, là où cette histoire n'a jamais eu lieu.»

Extrait de l'article « Elle avait abandonné son nouveau-né » - LA STAMPA – 9/11/2003



Tomber enceinte, c'est l'affaire de quelques secondes.
Décider d'avorter ou non, c'est l'affaire de quelques semaines.
Se préparer à devenir mère, c'est l'affaire de quelques mois.
Accoucher d'un enfant, c'est l'affaire de quelques heures.
L'élever, c'est l'affaire de toute une vie...

Et quand les rêves s'évanouissent? Quand 
«les joies de la maternité» se transforment en fardeau, voire même en enfer ??



www.maman-blues.org

Lire mon autre témoignage à ce sujet dans l'article intitulé:
"Faut-il accoucher pour être mère?"...


MON HISTOIRE 4

Octobre 2004
– Bien que n’ayant jamais cessé, de près ou de loin et, comme tout le monde, avec des hauts et des bas, de suivre l’évolution du combat des adoptés italiens pour le DROIT AUX ORIGINES, je décide, par solidarité avec eux, de repartir à l’attaque, de relancer le débat.  

Mon but premier ?
Voir «enfin» d’autres mères de naissance apparaître et prendre la parole sur le Web italien!
En effet, je ne comprends pas… Moi qui suis la moins maternelle de toutes, qui ne suis pas en souffrance, moi qui ai «oublié» mon enfant, du moins dans mon cœur, et qui ne me traîne pas dans une vie de regrets ou de remords, moi qui ne me sens «coupable» de rien, sinon d’avoir donné la vie à un être humain pour ensuite l’abandonner (je n’ai pas avorté par lâcheté, mais si la pilule du lendemain avait existé, je n’aurais probablement pas hésité longtemps), comment se fait-il que moi, mère indigne, je sois après 5 ans d’appels et d’attente, toujours la seule et unique mère naturelle à oser s’exprimer, à raconter, à réclamer un DROIT DE SAVOIR OÙ EST MA FILLE avant que «ne sonne le glas» ?? !
Il y a à tout cela un tel non sens, quelque chose qui m'échappe...


Je mets donc en ligne un site Internet bilingue français-italien. Forte de ma bonne connaissance des deux langues, je m’associe avec le site italien Astro Nascente auquel je propose de calquer le combat sur celui de la France, où une association de Mères dites «de l’Ombre» existe depuis plusieurs années déjà, en lui expliquant que le versant «mères» était le maillon fort de la chaîne, les mères détenant la vérité et tout le secret d’une naissance, que ABSOLUMENT TOUT partait d’elles et que ce combat ne prendrait réellement du poids qu’au travers d’elles. Et que seule une prise de conscience de leur part permettrait d’avancer.

Novembre 2004 – 15 jours avant la date anniversaire de ma fille (18/11/1982), l’inspiration me vient soudainement, et en un quart d’heure je rédige quelques lignes sous forme de «Lette ouverte à ma fille» que j’envoie aussitôt par mail et par lettre à la rédaction du quotidien italien «Il Secolo XIX» de Gênes, région où ma fille aurait été adoptée.

«Le hasard» (??) veut que ma lettre tombe dans les mains d’un journaliste qui semblait être concerné «de très, très, près par l’adoption» (j’ignore à quel titre, mais je peux m‘en douter…), et qui, 10 jours après, me sort un article d’une demi page, déballant à sa façon une bonne partie de ma vie.
 
Le vrai départ était donné, je ne pouvais plus faire marche arrière, il m’avait peaufiné une bonne carte de visite, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion. Quelques jours après, je suis contactée par la chaîne TV nationale italienne RAI2 qui veut «m’aider à retrouver ma fille» sous condition que je participe à Noël ou à Nouvel An à une de leurs très populaires émissions… Ce que, pour plusieurs raisons, notamment de santé, je dois (et je mentirais si je disais «malheureusement») refuser.
En fait, je crois que la journaliste s’attendait à se trouver en face d’une «maman en sanglots prête à tout pour retrouver son enfant»… Elle était plutôt mal tombée… Non, décidemment, tous me prenaient au dépourvu, tout allait trop vite, je n’étais pas prête, ni à affronter une caméra que déjà je déteste, et encore moins un public italien qui, rien qu’à prononcer le mot «maman», se met déjà à pleurer !

Octobre 2005 – Après 3 ans de traitement par vaccin (tous les mois la 1ère année, toutes les 6 semaines la 2ème, tous les 3 mois la 3ème), je suis en rémission complète. Mes 35 nodules sous la peau ont disparu, la science et mon moral ont réussi à me stabiliser…
Les médecins eux-mêmes n’en reviennent pas. «Vous ne finirez jamais de nous étonner» me disent-ils à chaque fois qu’ils me rencontrent dans les couloirs.
C'est vrai que je reviens de loin, oui, mais, pour combien de temps encore… ?

Insidieusement cependant, les effets secondaires ont fait des ravages. Mes forces et mes énergies diminuent d’année en année, la fatigue chronique est devenue le nouvel ennemi à combattre, mais - oh cercle vicieux ! - contre lequel je ne trouve plus la force de lutter, par manque d'énergie…
 
Fort heureusement, tous mes plaisirs, toutes mes passions sont chez moi, dont une bonne partie sur mon PC, ce petit bijou de technologie qui réunit des personnes d’un extrême à l’autre de la planète.
Désormais mon bonheur à moi est dans la liberté absolue, le silence et l’isolement. La solitude m’accompagne depuis le berceau, il m’aura fallu 50 ans pour apprendre à l’apprivoiser d’abord, à l’aimer ensuite: je me retiens donc maintenant une femme comblée, et après tout ce que j’ai passé, aussi terriblement chanceuse!
Car, oui, j’ai la chance d’avoir encore mes 2 jambes et mes 2 bras valides, d’avoir un petit emploi et un petit 28 M2 où vivre et me réfugier en paix, d’avoir encore mes 2 yeux pour voir, mes 2 oreilles pour entendre, et un esprit encore suffisamment lucide que pour pouvoir lire et écrire et exprimer toutes les choses que j'ai encore à dire.

Mais de quoi les adoptés se plaignent-ils donc toujours? N’y a-t-il pas une «limite» à leurs plaintes ou gémissements à respecter ? Je peux comprendre, soutenir, adhérer et compatir pleinement à la «blessure primitive» et à cette exigence profonde (pour certains d’entre eux) de vouloir connaître ses origines (à condition toutefois que cela ne rime pas avec «maman»), je peux me ranger aux côtés de ceux qui militent pour l’obtention de ce DROIT FONDAMENTAL de l’homme, mais je ne peux accepter l’obsession, les excès (ni «d’amour», ni de haine), le stade du mur des lamentations, de la «persécution» ou de la hargne contre les adoptants ou les institutions de l’État tels qu’on peut les trouver en certains endroits.

« OUI à l’adoption, NON au secret ! ». Nul n’est à l’abri d’un échec social ou familial, et ce n’est pas dans les familles adoptives que l’on retrouve les pires cas de maltraitance sur l’enfant, mais bien dans les familles biologiques.
 
Et les mères dans tout cela?
Pour moi la réponse est purement et simplement dans ces quelques lignes, claires et concises, écrites par un journaliste italien dans son article intitulé « Elle avait abandonné son nouveau-né » (LA STAMPA – 9/11/2003) - VOIR  PLUS HAUT -

Quant à la «bonne recette pour l’apaisement» des personnes adoptées, c’est sans doute au travers de ce témoignage d’un jeune adopté italien de 19 ans, actuellement en quête de ses origines, que j’ai pu trouver une des meilleures réponse à donner:

« L’important, c’est de SAVOIR. Ton histoire était déjà écrite, et tu sais où elle t’a menée, c’est juste que tu ne la connais pas: alors, découvre-la et puis, mets-la de côté ! »


Et entre Novembre 2004 et Novembre 2005, que s’est-il passé ?

Décembre 2004 - Je me place «en observation»: pendant des mois je découvre et je lis des témoignages de mères, d’adoptés (ou non) et d’adoptants français, je m’instruis, et je reste surtout la première étonnée devant ces histoires de mères victimes et dépossédées de leurs enfant, je n’imaginais même pas que de telles situations puissent exister!
Avec mon petit caractère, à leur place, tôt ou tard, je me serais probablement rebellée aussi… (bien que, pas sûr, j’aurais sans doute «cicatrisé» très vite…), mais certainement pas en m’entremettant dans la vie de mon enfant avant sa majorité, cette façon de faire me choque profondément! Je ne peux concevoir ce manque de respect envers la famille adoptive, sans compter le risque de nouvelle déstabilisation d’un enfant adolescent que l’on court.

Car, quelles qu’aient été les circonstances de l’abandon, à moins d’avoir subi un viol ou un inceste, la mère a quand même consenti à un rapport sexuel, et a donc toujours sa part de tort et de responsabilité à assumer.
 
Et puis, quel est le pourcentage de femmes dans leur cas? S’agit-il d’une petite minorité…, la grande majorité des femmes ayant, tout comme moi, depuis longtemps oublié et tourné la page? Où suis-je moi l’exception, l’extra-terrestre, la seule inhumaine au cœur de pierre??
Heureusement que l’actualité, les forum de discussion, les chiffres officiels publiés dans divers pays et les statistiques sont là pour me répondre et me rassurer!

Mais où sont donc toutes ces mères et ces enfants remplis d’émotion qui se tombent dans les bras l’un de l’autre au moment des retrouvailles?! Pourquoi la majorité des mères «s’enfuient-elles» lorsqu’elles sont retrouvées? Pourquoi faut-il déployer tant d’efforts de «médiation» et de moyens pour qu’une mère accepte de lever le secret sur son identité ou même simplement de se montrer? Ah, que c’est beau «l’immense et éternel amour maternel»!
Aujourd’hui plus que jamais, je reste donc convaincue que ce sont bien les mères au cœur déchiré qui forment l’exception. Et si vous parvenez un jour à me prouver le contraire, et bien, ce sera TANT MIEUX,  car ce sera alors le premier VRAI  grand pas vers la Victoire pour le droit aux origines !

Je m’étonne également de cette sorte de «discrimination» qui est souvent faite entre mères ayant reconnu (mais abandonné tout de même !) leur enfant, et mères ayant «accouché sous X» que l’on retrouve sur certains sites, tant français qu’italiens…
Pour celles qui souffrent, leur souffrance est-elle donc tellement différente ? N’est-il pas encore plus cruel et plus douloureux pour une mère qui tient à ses enfants de se les voir «enlever» après les avoir connus et élevés pendant plusieurs mois, parfois plusieurs années, plutôt que de se voir retirer un enfant qu’on a à peine ou même jamais entrevu à la naissance? Les femmes ayant accouché sous X ont-elles l’exclusivité du malheur et de la souffrance?
Et ce n’est pas parce qu’une femme a reconnu son enfant qu’on lui octroie le droit de le retrouver! 
Un enfant/adolescent/adulte ne recherche-t-il pas avant toute chose sa mère «biologique»? Ou bien à l’avenir devra-t-il aussi d'abord se préoccuper que sa mère ait bien accouché dans le plus strict anonymat sous peine de se voir «exclu du clan»? !
Bizarrement d'ailleurs, parmi les quelques rares mères ayant timidement osé «sortir de l’ombre» sur les forums italiens, 2 sur 3 sont des mères ayant reconnu leurs enfants. Tiens, tiens, seraient-elles plus aimantes, plus en souffrance, ou plus maternelles que les autres?!

LE MOT DE LA FIN...

Voilà pourquoi, bien que membre du bureau et solidaire de deux associations représentatives du combat pour DROIT AUX ORIGNES, et bien que souhaitant de tout cœur que ces adultes en recherche trouvent la maman (ou l'enfant) dont ils rêvent, je ne peux toutefois que continuer mon chemin et mon exploration toute seule, sous peine de blesser des tas de personnes dont, même avec la meilleure volonté du monde, je ne parviens pas à partager les sentiments.  

Pour ce qui est de la France, «l’accouchement sous X» n’est pas mon combat, le DROIT AUX ORIGINES, oui. Certains ont bien compris la nuance, d’autres pas. Pas grave, les premiers grandissent, les autres ternissent: bon vent à ces derniers.

Pour ce qui est de l’Italie, le gouvernement ayant, depuis juillet 2005, lancé une immense campagne de sensibilisation visant à faire connaître et à «promouvoir» l’accouchement anonyme, et vu la foule de réactions que cette annonce a suscité sur les adoptés – 0 sur près de 600 inscrits, tous «leaders» compris ! – il apparaît désormais plus qu’évident que la bataille est perdue d’avance, si elle a même jamais commencé !

La seule et unique qui ait réagit, c’est une mère «d’Origine», indigne, ayant reconnu son enfant, non maternelle et non en souffrance, et qui plus est, malade et étrangère… Allez donc y comprendre quelque chose…
Donc, côté italien, nous continuerons dorénavant à nous échanger de gentils petits messages de consolation… et à nourrir des tas de fausses espérances dans le cœur de centaines de personnes…

Mais, sur au moins un point, nous sommes je crois TOUS bien d’accord:
Oui, « l’accouchement sous X »  a encore de très beaux jours devant lui !




« L'idée d’avoir été abandonné(e) provoque de la souffrance, il est inutile de le nier. Chacun surmonte cela à sa façon, il y a ceux qui choisissent le détachement et ceux qui par contre veulent rencontrer leurs parents au moins une fois.
C’est aussi naturel que boire un verre d'eau.»
Journal Terredimezzo – Décembre 2004 - Italie



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Pour dire: « Oui, maintenant JE SAIS, et c'était
MON DROIT! »



10 novembre 2005 – Le témoignage de A… (Italie)

 
 

« J’ai depuis peu connu ma mère naturelle. Pour moi cela a été important même si cela n’a pas été la classique fable au grand beau final.

Cela a quand même été une expérience profonde qui m’a énormément changé. J’ai rempli beaucoup de vides que je portais en moi depuis 18 ans (j’en ai 30). Des choses qui peuvent sembler banales, pour moi, ont été une découverte: j’ai les yeux de ma mère, et aussi son sale caractère -:)) »…



 

 MAIS L’HISTOIRE NE S’ARRÊTE PAS LÀ POUR AUTANT…


NOVEMBRE 2005

 Un mois chargé d’émotions… de toutes sortes. 

18 novembre, date d’anniversaire de ma fille qui fêtera, joyeusement ou tristement (?) ses 23 ans, un événement incroyable se produit: j’aurais peut-être réuni un frère et une sœur, de la France à l’Italie. Nouveau miracle de la vie? Mais pourquoi juste en ces jours-ci, alors que l’annonce du frère était sur nos fichiers italiens depuis presque deux ans ?!! Quelle force mystérieuse m’a poussée à me pencher «soudainement» à nouveau sur ce cas que j’avais pris particulièrement à cœur il y a quelques mois?

 19 novembre, ce frère italien «retrouvé» fête aujourd'hui ses 32 ans, en larmes, après la découverte de sa supposée histoire que je viens de lui révéler. A l’autre bout du fil, en France, une sœur pleure de joie… 

22 novembre, c’est le nouveau verdict qui tombe: l’heure de la récidive tellement attendue et redoutée a sonné. Le cancer s’est propagé à la rate. Ma 6ème opération chirurgicale se prépare donc.

9 décembre, la sensation d'un destin qui devait s'accomplir s'accroît comme jamais auparavant: ce soir le téléphone a sonné... pour m'annoncer... que l'on avait retrouvé ma fille !  Pour l'instant, dans mon coeur et dans mon esprit, toujours aussi peu d'émotion, juste beaucoup d'appréhension pour le nouveau drame que cela pourrait déclencher dans la vie de cette jeune fille...  qui a cessé d'être ma fille depuis une éternité...



Vendu gratuitement sur le net

Un site d'enchères en ligne néerlandais (www.marktplaats.nl, l'équivalent batave d'eBay, situé à Emmeloord) a retiré mardi soir une annonce dans laquelle une mère se proposait de donner gratuitement son fils d'un an.
« Il n'a pas de maladie et je le donne parce que j'ai tant de soucis en tête et que je ne suis pas très bonne pour m'occuper des enfanst »,
selon le texte qui accompagne l'annonce.
L'auteur(e) se prétend être une mère de quatre enfants, victime du stress.
www.lesoir.be du 11 janvier 2006



PARLONS  "STATISTIQUES"...

16 décembre 2005 - Journal "Le Quotidien"

Région Saguenay/Lac-Saint-Jean (Québec-CA)

Voilà ce que démontrent les statistiques compilées par la directrice régionale du Mouvement Retrouvailles, Denise Boudreau. En ce moment, elle compte 700 dossiers ouverts dans la région.

De ce nombre,

12 % sont des dossiers de mères qui recherchent,

30 % ont été initiés par des hommes adoptés,

58 % par des femmes à la recherche de leur mère.



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QUI SUIS-JE ?

Une «mère», tout à fait indigne de ce nom, qui, il y a maintenant 23 ans de cela, a mis au monde (en Italie) une petite fille... alors qu'elle n'aurait jamais dû le faire.

Dans la situation où je me trouvais, pratiquement sans famille, sans travail et sans aucun diplôme pour pouvoir un jour décrocher un boulot stable, habitant isolée en campagne et sans plus de voiture, sans argent et endettée jusqu'au cou à cause d'un petit flat qui était "bien à moi" mais qui n'était payé qu'à moitié, c'était de la folie pure. 

Pas maternelle pour un sou, et n'ayant jamais désiré ni me marier ni avoir des enfants, je décidai toutefois de ne pas avorter, non pas par "moralité" ou par conviction religieuse, mais tout simplement par lâcheté, parce que j'avais une peur bleue de l'intervention et de me retrouver toute seule dans un hôpital pour accomplir ce terrible geste. Une étincelle d'instinct maternel s'était aussi réveillée en moi, et j'avais fini par désirer fortement cet enfant.

Mon "rêve" s'exauça: je voulais une petite fille, j'eus une petite fille... Et après avoir traversé mes mois de grossesse dans l'isolement total et dans une misère noire, je me retroussai les manches pour affronter du mieux possible les années de galère qui s'annonçaient devant moi…



Pourquoi est-il si difficile de faire «sortir de l'ombre» des mères (ou des pères) «biologiques» ayant, par le passé, abandonné ou donné en adoption un enfant ?

Tout être humain a LE DROIT de connaître ses racines, l’histoire de sa naissance.

Les enfants (devenus adultes) adoptés se regroupent par centaines partout dans le monde pour tenter de retrouver leur mère naturelle, mais ces parents «d'origine», eux, continuent de faire la sourde oreille...


Depuis 6 ans, j'essaie de comprendre POURQUOI ?

Donc, mères ou pères de naissance, si le sujet vous intéresse, contactez-moi

(Lien "contact" tout en bas de la page).  Merci.




« Aujourd'hui, comme hier, malgré la grossesse, des dizaines de milliers d'enfants sont abandonnés et maltraités. Par ailleurs, le fait que l'enfant coûte parfois tant, physiquement et moralement, à la mère, n'est pas sans répercussions négatives. Certaines femmes détestent leur enfant pour cela. Vous voyez, ce n'est pas simple.»
(Henri Atlan)



En 2000, 3.393 bébés de moins d'un an sont morts en France. Les trois quarts de ces morts relèvent de deux causes: le «syndrome du bébé secoué» et la mort à la naissance par asphyxie, noyade ou abandon sans soins… Toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées.
Rapport Inserm 2005


 
«Quelque 2.000 enfants démunis souffrent de ne pouvoir s'accrocher à aucun foyer déterminé. Pour prendre la véritable mesure du phénomène, il suffit de rappeler qu'il y a quelque 15 000 enfants «placés» par année au Québec...»

Les dilemmes de la protection de la jeunesse

L'adoption est-elle la meilleure solution ?


«Il faut abandonner cette espèce de droit biologique des parents dits naturels... On n'en a rien à foutre d'un parent qui a mis au monde un enfant et qui ne s'en occupe pas. Il faut passer à une nouvelle modernité contemporaine de la famille!»

(Dr J.-Fr. Chicoine de l'Hôpital Sainte-Justine - Québec)
Source: www.ledevoir.com

«Jusqu'à quand laisser à des parents biologiques la tâche de prouver qu'ils peuvent être des parents ?»

Tout le dossier sur S-O-S-AbbandonoeAdozione



MON HISTOIRE 3

Parallèlement cependant, une autre vie, «virtuelle» cette fois, allait lentement se développer. L’Internet allait m’ouvrir de nouvelles portes...

Août 1997 (J’ai 48 ans)- Le diagnostic tombe: mélanome malin, stade avancé.  Pour la première fois de ma vie, je me vois contrainte et forcée de me faire prendre en charge par l’État, belge, cette fois, le destin m’ayant étrangement «poussée» à regagner ma ville natale (Bruxelles).
Je ne réalise absolument pas le danger que je cours, et je me retrousse les manches. Bien que «minimexée» (équivalent du RMI en France), je parviens à m’acheter un tout vieil ordinateur d’occasion et à m’inscrire à une formation sociale pour faire mes premiers pas en informatique.
Déterminée à vouloir m’en sortir à tout prix, je commence tout doucement et péniblement à remonter, «une nouvelle fois» la pente.

Février 2000 – J’ai enfin pu m’acheter un «vrai» ordinateur relié à l’Internet, et je me demande ce que je vais en faire, ce que je suis venue y chercher. Quelle recherche faire, de quoi…?  Ou si…? Peut-être, plutôt, «QUI» rechercher ?? !

Car, instinctivement, la première pensée qui me traversa alors l’esprit fut: «Et si j’essayais de lancer un appel pour retrouver ma fille?».
Mon tout premier mot-clé rentré dans un moteur de recherche fut: « ADOPTION ». Et, quelques jours après, mon tout premier message: «Je recherche ma fille, née le…».

Je me fais immédiatement «récupérer» par une jeune fille qui me redirige vers un groupe de discussion italien intitulé «Enfants adoptés et Parents naturels». Je place également une annonce sur le registre d’un autre site de recherches en ligne, appelé ASTRO NASCENTE.

Mars 2000 – Je découvre les premiers témoignages des enfants adoptés en quête de leurs  origines. Leurs cœurs se gonflent d’espoir car je suis la toute première «maman» à apparaître sur leur site. Je raconte mon histoire, je découvre «leurs vides», leur chagrin, la profondeur de leur blessure, que, bien sûr, je comprends (cela me paraît évident que grande souffrance il y a lorsqu’on est abandonné par sa mère). Mais je découvre aussi des réactions qui me laissent terriblement perplexe : sens de culpabilité (comment un enfant peut-il se sentir responsable du geste de sa mère?), rancœur, haine parfois, ou, au contraire, messages d’amour à leur «vraie maman» (comment est-il possible d’éprouver de «l’amour» pour une personne qu’on n’a jamais vu ni connu dans sa vie?), sacralité des liens du sang, des «9 mois passés ensemble», recherches qui tournent à l’obsession…

Et là je ne comprends plus du tout... N’y a-t-il pas un stade où il faut pouvoir se résigner, tourner la page, se rendre compte de la chance qu’on a d’avoir pu être adopté et sauvé d’une vie misérable?
Toutes ces personnes qui écrivent aujourd’hui derrière un PC ont une vie normale, une famille, un foyer, un(e) conjoint(e), des enfants, un travail, une voiture, une seconde résidence à la mer ou à la montagne, des vacances une ou deux fois par an, de quoi donc se plaignent-elles?
Bien sûr que l’argent ne fait pas le bonheur...Quand on ne s’est jamais retrouvé à la rue, sans travail et sans PERSONNE à qui demander de l’aide, quand on n’a jamais manqué de rien c’est tellement facile à dire!

Août 2000Première récidive, le premier ganglion est atteint. 2ème intervention chirurgicale,  nettement plus lourde cette fois. Mais je n’ai toujours pas pris réellement conscience du danger et de la rapidité avec laquelle la maladie peut de propager. Je reste confiante.

Mai 2001 -  Un bref séjour en Italie. J’y rencontre 3 personnes adoptées italiennes: j’ai devant moi des personnes équilibrées, heureuses, épanouies. Je n’ose pas leur dire que jamais je n’ai pensé à ma fille le jour de son anniversaire, que je ne pleure plus sur cet épisode du passé, que je ne souffre pas le moins du monde de cette séparation forcée de ma fille, que «ce qui est fait est fait» et que se ronger intérieurement ne sert à rien sinon à se faire du mal à soi-même...

Je me rends vite compte qu’un mur nous sépare, et que mes paroles pour eux sont dures à entendre. Je me dis toutefois que si tant d’enfants adoptés souffrent en silence de leur abandon, ma fille doit sûrement en souffrir aussi, et que bientôt, tout comme moi, par le biais de l’Internet, elle aussi se mettra à ma recherche, qu’elle voudra sûrement me connaître, savoir les raisons qui m’ont contrainte à ce geste, connaître son histoire, ses origines, savoir qui est son père… Car, j’estime que c'est SON DROIT le plus strict et qu’il est de MON DEVOIR de lui laisser «au moins cela» avant de m’en aller pour toujours.

Mais cette prise de conscience de ma part n’est survenue que grâce à l’apparition de l’Internet dans ma vie au quotidien. Sans cela, jamais je n’aurais songé à entamer une recherche. L’adoption étant un acte irréversible, je pensais en toute sincérité et ingénuité qu’il en allait de même pour l’enfant, que passés les premiers traumatismes du changement, il faisait le deuil de son abandon, et que la sérénité prenait finalement le dessus sur la tristesse.

… Plus de 5 ans ont passé depuis mon premier appel à ma fille. Je l’attends toujours, par le biais de la magie du Web, mais je n’ai toujours pas effectué la moindre recherche active, je n’en ressens pas le besoin, et surtout, je ne m’en sens pas le droit ni vis-à-vis d’elle, ni vis-à-vis de ses parents adoptifs.

D’ailleurs, aux mamans qui, sur les forums italiens, recherchent désespérément leur enfant, je réponds toujours:

« Mais ce sera quand même toujours à ton enfant, et à personne d’autre, de décider s’il voudra ou non t’accepter dans son coeur. Petit, il n’a pas pu choisir, maintenant qu’il est grand, pouvoir choisir, c’est SON droit. »

Pour ma part j’ai cessé d’être mère le jour où j’ai, avec au moment même un immense chagrin, laissé ma fille à d’autres, où j’ai renoncé à assumer plus longtemps mes responsabilités. Pour moi, la vraie mère est celle avec qui on a tissé des liens d’amour et d’affection tout au long d’une vie, et non pas celle qui a accouché.

(Ai-je répondu à vos attentes chère Madame Luisa Forti ?)

VOIR PAGE D'ACCUEIL: lettre ouverte à ma fille du 17 novembre 2004




Ni la grossesse ni l’accouchement ne sont pour moi des souvenirs heureux, loin de là… Je les ai donc, avec tout le reste, rapidement effacés de ma mémoire.

Maintenant, tout ceci ne veut pas forcément dire que «SI» un jour je devais la retrouver, je ne craquerais pas… Peut-être ce jour-là toute la déchirure du passé remontera-t-elle à la surface?
Je l’ignore, j’ignore complètement quelle sera ma réaction face à elle. Sans doute cela dépendra-t-il aussi fortement de sa propre réaction et situation... Heureuse ? Malheureuse ?

Une chose est certaine: la rancœur, les méchancetés ou les reproches seront très mal reçus, elle a intérêt à ne pas me braquer, car à s’en prendre plein la figure, hélas, ce sera elle, pas moi...
Après tant d’années de d'observation et de réflexion à ce sujet, j’en suis d’ailleurs encore et toujours au stade de me demander s’il ne vaudrait pas mieux qu’elle ne cherche jamais à me connaître ni à
«savoir» la vérité... Car, TOUTES les vérités sont-elles bonnes à dire et à entendre ? Malgré les centaines de témoignagnes que j'ai pu lire sur de multiples forum, j'en doute toujours, et même très fortement...

Il est évident que seule une profonde maturité et une grande ouverture d’esprit de sa part pourront éventuellement rétablir une relation mère-fille entre nous. Et que pour moi, au plus les années passent, au mieux c’est.

Septembre 2001Deuxième récidive. Le foie est atteint. Là, enfin, je réalise… Le ciel me tombe sur la tête. Je me vois morte et enterrée endéans les 6 mois, la panique s’empare de moi…

C’est terrible de n’avoir personne à qui laisser les choses qu’on aime, les quelques rares souvenirs de famille, de ne même pas pouvoir faire un testament parce qu’on ne sait pas à qui léguer quoi… C’est à ce moment-là que je me rends compte combien il serait important pour moi aussi de pouvoir transmettre un quelque chose, un reste de moi à ma fille…

Les médecins tentent quand même l’opération, et me sauvent provisoirement la vie. Un anti-dépresseur me sauve le moral. Je dévore à nouveau la vie à pleines dents, je me replonge corps et âme dans le travail, mes collègues sont chouettes, cela m’aide beaucoup.
 
Comme pour l’abandon de ma fille, oublier son mal, ne pas y penser, c'est le meilleur moyen d’y remédier.
Paradoxalement pourtant, le seule douleur qui, chez moi, même 20 ans après, «ne passe pas», c’est la mort de ma mère… Jamais je n’oublierai cet écrasant sentiment «d’abandon total» que j’ai éprouvé à ce moment-là…  Mais sans doute aussi, parce qu’à 33 ans, plus personne n’était là pour m’adopter...
Comme quoi on peut ne pas partager du tout les mêmes émotions «d’enfant à mère» que «de mère à enfant»… Et que «l’illusion d’une réciprocité» peut par conséquent faire beaucoup de mal...

Janvier 2002 – On tente un nouveau vaccin censé bloquer le développement des métastases. Je sers de cobaye, je suis dans le «premier groupe». Bilan de santé tous les 2 mois, je passe la moitié de mon temps dans les hôpitaux. Les examens, l’angoisse des résultats…
Comme pour toute chose, abandon compris, «seul qui est passé par là peut comprendre»…

Mais le traitement échoue.

Mai 2002Troisième récidive. Les  yeux sont atteints, une métastase dans chaque œil… On me prépare déjà à devoir perdre la vue, on me parle déjà de «prothèses»…  Je m’imagine déjà… Seule au monde, sans personne pour m’aider, aveugle, en mutuelle avec 600 € par mois pour survivre, clouée toute la journée dans un fauteuil sans pouvoir rien faire sinon à attendre de mourir, lentement mais sûrement, de mon cancer…

Etrangement pourtant, je ne panique pas, je n’y crois pas, je me dis que ce n’est pas possible qu’une chose pareille m’arrive…

Et effectivement, le miracle se produit à nouveau: un chirurgien extraordinaire accomplit un véritable exploit médical, il parvient à me sauver les 2 yeux, même si pour lire et écrire un des deux est dorénavant à moitié condamné. Mon cas est d’ailleurs cité lors d’un congrès scientifique d’ophtalmologie.

Septembre 2002 -  Le répit aura été de courte durée. Tout mon corps s’est rempli progressivement de métastases sous-cutanées, des «boules» sous la peau de toutes les dimensions me sortent de partout, de la tête aux pieds, parfois 6 en l’espace d’une nuit… Après 13 biopsies pour enlever les premières, la chimiothérapie s’avère cette fois inévitable, «ça urge» même…

Mais l’anti-dépresseur fait toujours son effet. J’affronte cela haut la main, avec un moral de plomb; entre un cycle et l’autre je trouve même la force d’aller travailler un peu. Trois semaines après mon 3ème cycle, je reprends le travail à plein temps.

Je réclame aussitôt un nouveau vaccin, car étant un sujet désormais «hors protocole» (vu que l’invasion métastatique avait commencé), il ne pouvait plus m’être attribué qu’à titre «compassionnel», dit humanitaire.
Je me retrouve alors à nouveau dans «un groupe de tête », ce vaccin n’ayant jamais été expérimenté sur quelqu’un à un stade avancé comme le mien…


SUITE DANS LA COLONNE DE GAUCHE...




15 décembre 2005 – Italie –  Quotidien "Il Messaggero"

http://ilmessaggero.caltanet.it

 

UNE SOMALIENNE REJETTE SA FILLE, FRUIT D'UNE VIOLENCE

Elle s’en est occupée pendant 10 longs mois, mois durant lesquels elle a mûri son choix d'abandonner sa petite fille conçue sous la contrainte. Et elle lui a dit adieu.

Ainsi une jeune et belle somalienne de 19 ans a motivé hier soir sa décision de renoncer à sa fille. Accompagnée de sa soeur et d'une amie italienne, elle s'est présentée au Tribunal des Mineurs. "Je ne la veux plus, je ne l'aime pas. Je veux la donner en adoption", a-t-elle expliqué.

Une brigade du commissaire Castro Pretorio est aussitôt arrivée sur place, les agents ont essayé de la faire raisonner, mais il n'y a rien eu à faire.




PRESSE ITALIENNE

Traduction française de l’article paru en septembre 2005 sur le journal La Repubblica

  
LES GRANDS TITRES
 

La proposition arrive après les faits récents de nouveau-nés tués et jetés dans un conteneur d’immondices, 3 cas en quelques jours.

 

Des «fenêtres à bébés» déjà ouvertes à l’étranger

Le Président (de l’institut) des Innoncents (situé à Florence) : "Nous ne pouvons pas rester les yeux fermés"

 
300 les abandonnés

Sur base des données de la Commission pour l’Égalité des chances, 300 nouveau-nés sont retrouvés chaque année, « morts ou vifs »

 

+ 10% l'augmentation

En 2002, on dénombre une augmentation des abandons de 10% en 5 ans. La Sicile, suivie de la Lombardie, détient le record.    

 


UN PEU D’HISTOIRE


Les lieux
Depuis l'antiquité existent des lieux où abandonner les nouveau-nés. Dans la Rome antique, au pied de la « colonne lactaria » (*)

« La roue »
Faite «à mesure de nouveau-né» pour éviter l'abandon d'enfants plus grands, elle apparaît dans les années 500

Les enfants trouvés
Les noms inventés pour les enfants trouvés rappellent leur origine. Innocenti se rapporte à la Toscane, Proietti à Rome, Esposti à Naples.

Les années 700
Des pics d'abandons ont eu lieu dans les années 700, parallèlement à la révolution industrielle et à l'entrée des femmes dans le monde du travail.

L'abolition
L'adieu à « la roue » date de 1875. Récemment, dans plusieurs pays européens, des « portiques appropriés » ont fait leur apparition à l’extérieur des hôpitaux



(*) Située dans les catacombes romaines, près de l’actuel Théâtre de Marcello, et où l’on trouve un grand nombre de tombes d’enfants




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le 14 décembre 2005.


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